Bonjour à toutes et à tous. C'est Chafia le retour.
Désormais je ne suis plus clermontoise mais francilienne. Nouveau boulot, nouveau dodo et nouveau métro.
Fini les fous du Puy de Dôme (suivez mon regard...).
D'attaque pour 2009, j'ai démarré l'année par des manifs pour la paix à Gaza, je vous invite d'ailleurs à signer la pétition de la LDH. A bientôt et Bonne Année .
Contre l’offensive militaire sur Gaza contre le blocus qui dure depuis 18 mois, contre les tirs sur des civils d’où qu’ils viennent, nos exigences vis à vis des gouvernants français et
ceux de l’UE. Signez la pétition !
L’offensive israélienne s’accentue et les morts et les blessés, essentiellement civils, s’accumulent. Le territoire de Gaza connaît une situation humanitaire effroyable dont la presse ne peut
rendre compte puisque le gouvernement israélien y a interdit sa présence. Le Hamas continue à bombarder le sud d’Israël. Si toute violence contre des civils est une violation des conventions de
Genève, rien ne peut justifier le blocus infligé depuis des années à Gaza pas plus que, aujourd’hui, l’engagement massif et meurtrier de l’armée israélienne.
Cette situation prend racine dans le déni d’existence dont est victime le peuple palestinien et remédier à l’humiliation quotidienne qu’il subit exige de rompre avec l’impuissance.
Ce qui se passe aujourd’hui à Gaza et dans les territoires occupés nous concerne tout simplement parce que notre conscience nous interdit de nous taire.
Nous sommes déterminés à faire entendre notre voix pour qu’il soit, en premier lieu et d’urgence, mis un terme aux combats en cours. Nous exigeons du gouvernement français qu’il porte auprès
des Nations unies une résolution ordonnant un cessez-le-feu immédiat sous peine de sanctions, le retrait des forces israéliennes hors de Gaza et l’installation d’une force de protection.
Nous exigeons du gouvernement français et de l’Union européenne qu’ils suspendent l’accord d’association avec l’Etat d’Israël et cessent toute coopération militaire avec ce dernier.
Nous exigeons de la communauté internationale qu’elle fasse respecter ses propres résolutions qui sont la base d’un règlement du conflit, notamment par la création d’un État palestinien
pleinement souverain sur l’ensemble des territoires occupés.
Nous en appelons à la conscience de chacun pour qu’une paix juste et durable s’installe enfin dans cette région du monde.
Tout le monde l'aura constaté. Depuis le lancement de la campagne municipale, j'ai gardé pour moi mes commentaires et mes réflexions.
Et pourtant, je continue à être le cauchemar du Premier Fédéral, allez savoir pourquoi? Il a une propension à me rendre responsable de tout ce qui ne tourne pas rond dans sa fédération.
C'est quand même un peu trop facile et c'est donner beaucoup de pouvoir à une simple citoyenne socialiste. Je crois qu'une bonne analyse introspective des socialistes clermontois leur permettrait
de mettre le doigt sur leurs réels problèmes.
Je peux bien entendu les aider dans cette démarche en commencant par leur décliner une problématique majeure: l'inadéquation de leurs pratiques avec la réalité
de la société française du 21ème siècle.
Continuer à croire que le profil du vrai bon militant est celui d'un homme blanc, soixantenaire, hétérosexuel ,de préférence fonctionnaire ou cadre supérieur et habitant du centre
ville, ne va plus être de tout repos.
Tous les citoyens sont aujourd'hui dignes d'être militants d'un parti politique.
Penser qu'il y a des militants dignes d'être reconnus et d'autres non est une vue de l'esprit qui n'a rien d'humaniste.
D'autant quand ces militants stigmatisés ont pour point commun une origine géographique : les quartiers populaires.
C'est là que le bât blesse. Ces habitants des quartiers, on les veut électeurs, colleurs d'affiches, distributeurs automatiques de tracts mais surtout pas éligibles, penseurs et acteurs.
Alors, quand par malheur, ces habitants des quartiers populaires s'inscrivent dans un parti politique et particulièrement au Parti Socialiste, tout de suite flotte une ambiance suspecte.
Qu'est ce qu'ils nous veulent? "Ils veulent être comte à la place du comte?" Ils ne nous font plus confiance pour réfléchir pour eux, agir pour eux? Qu'est ce qu'il leur prend de vouloir penser
et décider pour qui ils allaient voter?
La réponse c'est le système MENTALECHETA.
Le système MENTALECHETA, c'est dénoncer la volonté d'assigner à résidence. C'est formuler l'hypothèse que tout citoyen quelque soit son origine sociale, culturelle, son handicap ou son
orientation sexuelle , est digne d'être éligible. C'est dire qu'il n'y pas d'un côté les intellectuels et de l'autre les indigènes de la République. C'est croire que la société française
s'enrichit chaque jour de sa diversité. C'est reconnaitre l'action positive de l'Ecole de la République qui permet à tout un chacun de s'inscrire dans la citoyenneté.
Le système MENTALECHETA favorise l'émancipation, encourage les talents et les compétences et lutte pour l'égalité réelle.
Vous comprendrez alors ma réaction aux propos de Pierre Sabatier dans l'article paru hier dans La Montagne.
Je vous livre l'intégralité de mon communiqué de presse.
"A l’instar de Georges FRECHE qui qualifiait les harkis de sous hommes, Pierre SABATIER, Premier Secrétaire de la fédération du Puy de Dôme affirment que des socialistes issus
des quartiers populaires dont Clermont Nord, « ne sont pas des militants notoires ». De toute évidence, Pierre Sabatier est le digne camarade de Georges Frêche.
Que 124 militants socialistes des quartiers populaires de Clermont-Ferrand décident de rompre avec le Parti démontre l’incapacité de cette organisation politique à être en
phase avec la société du 21ème siècle. Cette absence d’analyse atteste de l’état de déliquescence de la fédération socialiste du Puy de Dôme.
Que ces 124 socialistes aient pris la décision de soutenir le Modem ne relèvent à priori pas d’une faute politique puisqu’ils ne font que suivre l’exemple donné entre
autres par François Rebsamen, Maire socialiste de Dijon, Jean Noël Guérini, candidat socialiste à Marseille, tous deux membres du bureau national du Parti Socialiste.
Pratiques d’un autre siècle, absence de projet politique, déni de démocratie, mépris des militants, xénophobie latente sont aujourd’hui les seules images renvoyées par une
fédération donneuse de leçon de solidarité et d’internationalisme.
Le mot camarade a laissé place à beurette, comte à la place du comte, militants douteux,…La mandature de Pierre Sabatier brille par sa « gauloiserie » exacerbée à
chaque échéance électorale.
Faute d’assumer une réelle responsabilité dans l’échec du rassemblement des socialistes autour d’une vision fédératrice et rénovée, Pierre Sabatier fantasme sur l’existence
d’un système, sorte de force obscure, qui aurait pour rôle d’anéantir l’appareil. C’est donner beaucoup de pouvoir à de simples militants face à une organisation politique bien rodée dans l’art
de faire passer des vessies pour des lanternes.
Le mépris et la xénophobie n’ont pas leur place ni dans notre société, ni au Parti Socialiste. Pour lutter contre ces dérives, la République s’est
dotée d’un arsenal législatif que je saisis immédiatement en ma qualité de citoyenne socialiste. Parallèlement, je demande aux socialistes toujours membres du Parti de saisir la commission
nationale des conflits pour demander l’exclusion de Pierre Sabatier comme cela a été fait pour Georges Frêche."
Alors que la Fédération française de football vient de demander des sanctions exemplaires à l’encontre d’un supporter raciste qui avait traitéAbdeslam Ouaddou[1], l’international marocain de Valenciennes, de « négro » et de « sale nègre »,la
Fédération socialiste de l’Hérault vient d’investir en grandes pompes Georges Frêche pour les prochaines élections sénatoriales. La direction nationale du PS préfère rester silencieuse. G. Frêche
bien connu pour sa xénophobie, sa négrophobie, son islamophobie, son sexisme, son mépris à l’égard des enfants de Harkis[2], sans parler de son antisémitisme inversé (le fantasme de la « puissance juive »)[3], serait-il le nouvel espoir socialiste de la « Diversité » ? Tout pousse à le croire.
Une gauche en crise de repères : adieu Jaurès, revoilà Guy Mollet !
Au-delà du ridicule de la situation, c’est le symptôme d’une crise profonde de valeurs de la gauche française, en général, et du Parti socialiste, en particulier. Les socialistes vont
remporter très probablement haut la main les prochaines élections municipales de mars. Mais la candidature Frêche sera à jamais une tâche honteuse sur l’héritage de Jaurès, comme le fut le vote
des pleins pouvoirs au Maréchal Pétain par des députés de la SFIO[4] ou, plus près de nous, le soutien d’une partie des barons socialistes à la politique répressive de Guy
Mollet en Algérie[5].
Certes, d’aucun nous rétorqueront que Georges Frêche n’appartient plus officiellement au PS depuis son exclusion en janvier 2007[6]. Or, il reste toujours le président d’une région à majorité socialiste (Languedoc-Roussillon) et d’une communauté d’agglomération dominée
aussi par le PS (Montpellier Agglomération), garde le soutien de la Fédération socialiste de l’Hérault et apparaît toujours comme l’homme fort du parti sur le plan local.
En deux mots : Georges Frêche n’est plus officiellement membre du PS mais, en coulisses, il continue à tirer les ficelles, soutenu par la grande majorité des notables locaux du parti.
Il figure d’ailleurs en 6ème position sur liste d’union de la gauche pour les prochaines municipales de Montpellier.
Il est vrai, que la fédération PS de l’Hérault est l’une des plus importantes de France (la 5ème ou 6ème en nombre de cartes d’adhérents) et la direction nationale du
parti entend bien la ménager, à l’instar de l’attitude ambivalente de Ségolène Royal pendant la campagne présidentielle, qui a longtemps protégé le délinquant Frêche, malgré ses multiples
récidives en matière de racisme, d’apologie des crimes coloniaux et de sexisme.
Comble de l’hypocrisie, le premier secrétaire du PS, François Hollande, s’est déchargé de l’investiture de Georges Frêche sur les militants locaux, en déclarant :« Frêche est exclu, mais c’est aux élus et aux militants locaux de désigner leur candidat pour les sénatoriales »[7].Manière pour le PS national de soutenir le négrophobe et le xénophobe Georges Frêche, sans avoir
à en assumer la décision.
Cela tend à prouver que certains hommes et femmes politiques français pratiquent aisément une forme d’indignation sélective : s’ils sont prêts à s’émouvoir et à réagir médiatiquement à
certaines expressions d’intolérance (cf. l’affaire de la venue en France d’Ayaan Hirsi Ali)[8], ils en méprisent d’autres royalement. Il est vrai que, dans la France de ce
début de XXIe siècle, traiter un citoyen français de « nègre », de « bicot », de « bougnoule » ou encore d’« islamo-terroriste », ne pèse pas très lourd
dans la balance républicaine.
Il est sans doute plus rentable en terme de communication politique d’aller sauver les « pauvres petits Noirs » du Darfour » des griffes des « méchants Arabes » de
Khartoum ou les « nouvelles martyres musulmanes » de la pieuvre islamiste mondiale. Georges Frêche peut donc continuer à se livrer à ses actes de délinquance verbale, avec le silence
complice des éléphants et des éléphanteaux socialistes.
Preuves à l’appui…
Georges Frêche, sélectionneur racial de l’équipe de France de football : vous avez dit « trop de joueurs noirs » ?
G. Frêche n’a pas seulement des ambitions politiques mais aussi sportives : devenir sélectionneur en titre de l’équipe de France. Son projet footballistique ? Blanchir au karcher
l’équipe de France de football qu’il trouve trop « noire » à son goût et pas assez « gauloise », oubliant au passage que la totalité des joueurs de l’équipe de France sont des
citoyens français et que la très grande majorité d’entre eux sont même « Français de naissance ». Il déclarait ainsi, en novembre 2006, au quotidien régional Le Midi
Libre :
« Dans cette équipe, il y a neuf blacks sur onze. La normalité serait qu’il y en ait trois ou quatre. Ce serait le reflet de
la société. Mais là, s’il y en a autant, c’est parce que les blancs sont nuls […] J’ai honte pour ce pays. Bientôt, il y aura onze blacks. Quand je vois certaines équipes de foot, ça me fait de
la peine ». (Le Midi Libre, 14 novembre 2006).
L’on aurait presque envie de consoler Georges Frêche, tout triste de constater impuissant que nos équipes de football sont envahies par les « Blacks », les « Noirs »,
les « Renois », les « Nègres », les « Négros »… Mais on peut aussi lui poser légitimement la question suivante : ne trouve-t-il l’Assemblée nationale et le
Sénat trop « blancs », lieux de pouvoir dans lesquels les petits hommes blancs bedonnants et grisonnants représentent plus de 75 % des membres élus ? Apparemment, l’extrême
blancheur et machisme des institutions françaises ne paraissent pas le gêner du moins du monde. Au contraire, pour le président socialiste de la Région Languedoc-Roussillon, cette
« blancheur masculine » des institutions constitue la « normalité raciale » du pouvoir politique en France : CQFD.
Georges Frêche, démographe et sociologue de la diversité : des « Maghrébins » trop nombreux et inintégrables dans les villes françaises ?
Georges Frêche ne veut pas simplement réformer la composition démographique de l’équipe de France de football (trop noire !), il veut aussi s’attaquer à l’ensemble du pays (trop
arabe !), car selon lui, la Gaulle romaine serait aujourd’hui menacée par les nouvelles hordes arabo-maghrébines incapables de s’intégrer à la société française :
« Le plus grand échec politique français des quatre dernières années est certainement l’incapacité de notre pays à intégrer convenablement les millions de citoyens nés sur
notre sol, de parents d’origine étrangère. C’est à la fois un échec et la plus grande menace intérieure pour notre avenir ». (Georges Frêche, Les éléphants se trompent
énormément, Paris, éditions Balland, 2003, p. 109).
Et pour ceux qui n’auraient pas bien compris qu’il vise explicitement les citoyens français issus de l’immigration postcoloniale (africaine et maghrébine) et non l’ensemble des enfants
issus de l’immigration, Georges Frêche précise :
« Par exemple, cet élément nouveau, inconnu dans le passé : la communauté française d’origine maghrébine devient si nombreuse qu’une partie d’entre-elle ne souhaite
plus s’intégrer, tout simplement ! Dans certains quartiers, ces fils de l’immigration ont même tendance à refouler les Français d’origine qui y vivent, pour délimiter ce qu’ils appellent
leur territoire ». (Georges Frêche, « Osons changer les règles de l’immigration », entretien dans La Gazettede Montpellier, 2 mai 2003).
Leader politique, sélectionneur de football, Georges Frêche se veut aussi fin sociologue et démographe, expliquant la formation des « ghettos urbains » par la pulsion quasi
génétique des « Maghrébins » de France à vivre entre eux. C’est bien connu, Fadéla Amara nous l’a aussi expliqué, les mâles arabo-berbères aiment la loi de la tribu :
« Dans certains quartiers, ces fils de l’immigration ont même tendance à refouler les Français d’origine qui y vivent, pour délimiter ce qu’ils appellent leur territoire.
C’est donc un problème nouveau et très important que d’avoir à intégrer des personnes souvent de nationalité française qui ne souhaitent pas véritablement appartenir à la communauté
nationale ». (Georges Frêche, Les éléphants se trompent énormément, Paris, Balland, 2003, p. 111-112.).
L’amour inné du ghetto : un argument qui était brandi à l’égard des Juifs d’Europe dans l’entre deux guerres et qui a justifié la politique raciale. C’est bien dans cette perspective
de « gestion tribale » des territoires urbains que Georges Frêche entend traiter et maintenir les filles et les fils de Harkis, transformés malgré eux en « supplétifs à
vie ».
Georges Frêche, officier aux affaires indigènes : les enfants de harkis, des supplétifs à vie ?
Dans sa fameuse déclaration du 11 février 2006 qui, depuis, a fait couler beaucoup d’encre, l’on a souvent retenu uniquement le terme de « sous-hommes », oubliant au
passage le paternalisme condescendant du président socialiste de la région Languedoc-Roussillon, qui exigeait des enfants de harkis qu’ils ferment leur gueule (sic), parce qu’il (lui Georges
Frêche) les avait nourris, logés et employés. En deux mots : les filles et les fils de Harkis n’ont pas le droit à la parole, car ils constituent des « assistés de la République »,
des « sous-hommes » qui doivent obéissance aveugle à leur maître nourricier :
« Vous êtes vraiment d’une incurie incroyable. Vous ne connaissez pas l’histoire. Moi qui vous ai donné votre boulot de pompier, gardez-le et fermez
votre gueule ! Je vous ai trouvé un toit et je suis bien remercié. Arrêtez-vous ! Arrêtez-vous ! Allez avec les gaullistes ! Allez avec les gaullistes à Palavas. Vous y serez
très bien ! Ils ont massacré les vôtres en Algérie et vous allez leur lécher les bottes ! Mais vous n’avez rien du tout ! Vous êtes des sous-hommes ! Rien du tout ! Il
faut que quelqu’un vous le dise ! Vous êtes sans honneur. Vous n’êtes pas capables de défendre les vôtres ! Voilà, voilà...Allez, dégagez ! ».
(Déclaration de Georges Frêche le samedi 11 février 2006 à Montpellier lors de la cérémonie en l’hommage de Jacques Roseau).
Cette haine viscérale de Georges Frêche à l’égard des filles et des fils de France (ou du moins, d’une partie d’entre eux), s’explique d’autant plus que le leader socialiste du Sud la
rattache à une matrice religieuse : l’islam. Attendons-nous un jour à ce que Georges Frêche déclare, qu’il y a trop de joueurs musulmans dans l’équipe de France de football et que dans
les vestiaires du Stade de France se cachent, en réalité, des « mosquées clandestines » : ça ne saurait tarder !
Georges Frêche, islamologue généticien : les musulmans porteurs du gène du terrorisme ?
Dans une lettre-réponse à l’association des Etudiants musulmans de France (EMF-section de Montpellier) qui, comme son nom l’indique, est animée majoritairement par des étudiants français de
culture musulmane, Georges Frêche écrivait ainsi : « Vous connaissez le vieux proverbe paysan qui résume la sagesse universelle : ‘dans un pays il faut suivre la mode
ou quitter le pays’ »[9]. De même, lors de la campagne pour les élections législatives de 2002, le leader socialiste
déclarait :« Ils [les musulmans] ne vont pas vouloir maintenant nous imposer leur religion ! Ceux qui ne veulent pas respecter nos valeurs, qu’ils
rentrent chez eux ! ».Par ailleurs, il avait traité certains jeunes responsables musulmans locaux de « disciples d’Al
Qaïda », sous prétexte qu’ils critiquaient sa politique anti-laïque de gestion de l’islam montpelliérain. En somme, selon le professeur Frêche, les citoyens français de
culture musulmane doivent se taire ou faire leurs valises. Sa gestion autoritaire de l’islam sur le plan local (contrôle direct des lieux de culte) n’est pas en soi séparable de sa conception
révisionniste de l’histoire coloniale : les populations d’origine maghrébine et africaine, issus des anciennes colonies françaises, sont perçues comme inintégrables, sinon difficilement
intégrables, parce que « musulmanes » comme si se rejouaient sans cesse les débats contradictoires sur la compatibilité entre la « citoyenneté française » et le « statut
personnel ».
Désir d’avenir ou désespérance du futur ?
Certes, on pourrait se consoler en se disant que Georges Frêche est un « cas isolé », une espèce socialiste en voie de disparition, laissant la place à une nouvelle génération
d’éléphanteaux ou de lionceaux, plus « ouverte » et surtout plus « humaniste ». Mais les dernières échéances électorales (législatives et présidentielles 2007) et la campagne
actuelle pour les Municipales tendent à prouver que les « petits Frêche locaux » sont légion dans le Nord, le Centre et le Sud de la France : l’engouement médiatique pour la
« diversité » ne doit pas masquer les nombreuses résistances à voir émerger une « nouvelle génération politique » de femmes et d’hommes qui veulent faire la politique
autrement. L’exotisme des listes de candidats (une Fatima par-là, un Karim par-ci, un Mamadou en 45ème position !) ne doit pas faire oublier la gestion profondément raciale
et sexiste des modes de sélection et de cooptation politiques, comme le soulignait très justement les animateurs du club « Prairial 21 » qui ont été quasiment les seuls, dès le départ,
à réclamer l’exclusion de Georges Frêche :
« La bataille politique se pose aujourd’hui à ce niveau et le combat doit être mené. Désormais, il ne doit plus être possible de cautionner l’hypocrisie pour préserver des
bontés particulières sous couvert de l’intérêt général du Parti. Trop de bassesses, trop d’indignités, trop de vilenies ont accompagnées les candidats ‘issus de la diversité’ tout au long de la
campagne interne. La primauté faite aux intérêts personnels et claniques, au-delà de tout sens politique, ne peut être avalisée. […] Les citoyens de France exigent de nous un souffle d’air frais
pour revigorer notre démocratie et cette exigence nous impose de réussir l’émergence d’une nouvelle génération de cadres politiques à l’image de la société française du 21ème siècle.
[…] Et que dire de notre incapacité à acter que la société française n’est ni figée, ni réduite à sa simple expression gauloise ? » (Chafia Mentalecheta, « Le hold-up des
Bidochons », 22 juin 2006 : http://www.chafia.net/article-3081367.html.).
Ne nous y trompons pas : les enfants légitimes de Jaurès, ce sont bien eux et non des Georges Frêche ou des Michel Charasse : les ChafiaMentalecheta, Akli Mellouli,
Fayçal Douhane, Bariza Khiari, Janine Maurice-Bellay, James Balogog[10], Didier Hacquart[11] ou encore Jean-Luc Mélanchon[12], qui ont compris que l’investiture de Georges Frêche ne constituait pas simplement un « incident de parcours », une
« initiative isolée », une « simple concession électorale » faite à une fédération socialiste du Sud majoritairement raciste mais une question d’avenir pour la gauche et
au-delà pour l’ensemble du système politique français dans sa relation aux citoyens et aux électeurs de ce pays.
Morale de l’histoire : dire « sale nègre » est passible d’une condamnation pénale dans les stades de football mais pas encore dans l’arène politique, où les xénophobes et
négrophobes en tout genre peuvent continuer à agir tranquillement.
Une belle leçon de diversité à la française, n’est-ce pas ?
*Vincent Geisser et El Yamine Soum sont les auteurs de l’ouvrage Diversité ou Diversion ?Une
enquête inédite sur les discriminations dans les partis politiques français, Paris, éditions de L’Atelier, à paraître avril 2008.
[1] « Affaire Ouaddou - La FFF s’associe à la plainte déposée par la LFP », www.tsr.ch, 18 février 2008.
[2]Vincent GEISSER, « Georges Frêche, un ‘sous-élu’ récidiviste de la haine
verbale », oumma.com, 20 février 2006 : http://oumma.com/Georges-Freche-un-sous-elu,1930.
[3]Alain GRESH, « Georges Frêche, Israël, les Juifs et l’antisémitisme », Le Monde
diplomatique, juillet 2007.
[4]170 parlementaires socialistes de la SFIO avaient voté les pleins pouvoirs au Maréchal Pétain,
le 10 juillet 1940 contre 36 à peine qui voteront « contre ».
[5]Le 12 mars 1956, la quasi-totalité des députés socialistes votent des « pouvoirs
spéciaux », au gouvernement Guy Mollet, vote qui donnera carte blanche à l’Armée française pour arrêter arbitrairement, « interroger » et torturer les résistants algériens.
[6]Communique de Presse de la Commission
Nationale des Conflits du Parti socialiste du 27 janvier 2007 : http://presse.parti-socialiste.fr/2007/01/27/exclusion-definitive-de-georges-freche.
[7]Propos de François Hollande rapportés par le journal L’Humanité :
http://www.humanite.fr/2008-02-18_Tribune-libre_ils-ont-ose-le-dire.
[8]Annick Cojean, « Ayaan Hirsi Ali en quête d’une
protection et d’une nationalité », Le Monde, 11 février 2008.
[9]Georges FRECHE, Lettre adressée à EMF (section de Montpellier), datée du 25 avril 2002.
[10]Ces militants socialistes sont membres du Club « Prairial 21 ». Pour lire les documents
et les analyses pertinentes de ce club : www.chafia.net
[11]Didier HACQUART est adjoint au Maire de Vitrolles, initiateur d’une pétition pour l’exclusion
définitive de Georges Frêche : http://didier-hacquart.over-blog.com/article-4693818.html
[12]Jean-Luc MELANCHON est l’un des rares leaders nationaux à se battre contre l’hypocrie des barons
socialistes sur l’affaire Frêche, « Les complices de Frêche à la tête de la Fédération socialiste de l’Hérault se vengent de son exclusion », 28 janvier 2008 :
http://www.jean-luc-melenchon.fr/ ?p=373.
Nouvelles maraudes ce soir ! Celles-ci, composées de bénévoles de tous horizons, ont pour but de rencontrer le plus grand nombre de sans abris, de les aider dans la mesure du possible à trouver une place d'hébergement, mais surtout de porter sur la place publique les difficultés qu'ils rencontrent et les solutions qu'ils souhaitent obtenir.
RDV ce samedi 22 décembre à 21H00 sur le parvis de Notre-Dame de Paris (Métro Cité ou Saint Michel)
Mobilisons nous, soyons le plus nombreux possible pour témoigner de l'urgence de la situation.
PS: Nous avons besoin de vos témoignages... prenez avec vous dictaphone, appareil photo, camescope... tout ce que vous pouvez trouver pour temoigner de la situation dans la rue, et envoyez nous vos photos, films, textes (information@lesenfantsdedonquichotte.com). Merci