Bizarreries socialistes

Mercredi 26 juillet 2006 3 26 /07 /2006 00:51

Dans une lettre envoyée lundi au Premier secrétaire du Parti socialiste François Hollande, M. Bartolone dénonce une "circulaire (...) adressée aux fédérations qui ne vise à rien d'autre qu'à habiller de rigueur la préparation possible d'une fraude massive".
Il accuse M. Hollande de ne pas avoir tenu ses "engagements" pris lors du conseil national du 11 mars 2006 "que seraient respectées les règles statutaires d'une présentation indispensable en section des nouveaux adhérents". Celle-ci est "la seule garantie d'un minimum de transparence du corps électoral" selon lui.
"Je te demande donc de rapporter immédiatement cette circulaire et de tenir ton engagement", écrit le fabiusien dans sa lettre. "Faute de quoi, je me verrais dans l'obligation d'en tirer toutes les conséquences de droit". Nouvel Observateur.

Franchement, heureusement que le ridicule ne tue pas. Si non il n'y aurait plus beaucoup de socialistes surtout chez les fabuisiens et les hollandais.

On croirait entendre des gamins se chamailler dans la cour de récréation. 

 Les uns - "Non, nous ne voulons pas que vous vous amusiez avec les listes électorales. Elles sont à nous. D'habitude c'est nous qui trichons alors vous n'allez  pas copier sur nous. On s'était pourtant bien mis d'accord dans le Puy de Dôme, vous nous laissez tricher et nous on vous  laisse jouer avec vos avions et vos parachutes dans le Val d'Oise en Charente et dans les Yvelines. Ca fait déjà beaucoup."

Les autres - "Mais non on ne copie pas, mais il faudrait quand même que vous compreniez que maintenant le chef c'est nous. Et puis on n'a plus de charters mais il nous reste un parachute pour l'Elysée alors faudra bien qu'on l'utilise."

Trêve de plaisanteries. Ce qui est dramatique dans tout ça c'est que pendant que les socialistes jouent à se faire peur avec les listes électorales et les nouveaux adhérents, des enfants meurent chaque jour sous les bombes, des millions de personnes sont terrorisées,  un pays est dévasté.

Mais il est vrai que la route de l'Elysée ne passe pas par le Liban.

Les Libanais meurtris dans leur chair n'ont pas la chance de voir la communauté internationale et les socialistes français en particulier, tirer les conséquences de droit de l'agression qu'ils subissent depuis 15 jours.

Aujourd'hui ce n'est plus la justice qui est force de loi. C'est la force qui fait la loi.

Quand les socialistes français devraient être aux avant-postes pour dénoncer, condamner toutes les formes de terrorismes, terrorisme des milices, terrorisme des Etats, de tous les Etats.

Quand les socialistes français devraient créer les conditions maximales pour que l'Internationale socialiste et tous les citoyens du Monde s'élèvent contre l'inacceptable.

Et bien dans ces moments là, les socialistes français s'arrachent des listes électorales.

Vous voulez que je vous dise et bien moi ça me fait peur.

 

 

 


Par Chafia MENTALECHETA - Publié dans : Bizarreries socialistes
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Samedi 8 juillet 2006 6 08 /07 /2006 21:20

François Hollande est à Alger ce week-end. C’est le premier voyage d’un  Premier Secrétaire du Parti Socialiste Français depuis 16 ans.

Comme par hasard, cette visite fait suite à l’investiture des candidats socialistes aux élections législatives de 2007. Quelques uns accompagneront sans doute François Hollande à Alger.

Une étrange impression flotte… L’impression que François Hollande est allé jouer un remake de « je vous ai compris ».

Prenons garde à ne pas tomber dans le panneau. En guise de compréhension, François Hollande a surtout à l’esprit, les voix des Français issus de l’immigration  primordiales pour gagner les prochaines élections. Pour cela, il s’est doté d’une panoplie de candidats issus de la diversité pour faire son marché électoral. En bon élève, il part à Alger pour présenter son scénario et mettre en scène le festival des faciès. C’est vite oublier que les Algériens ne sont plus des indigènes.

A juste titre, le Président Abdelaziz Bouteflika évoque régulièrement les ravages de la colonisation française en Algérie. Ravages matériels, physiques et intellectuels. Et, il serait bon de rappeler à Monsieur Hollande, le silence des parlementaires socialistes lors de l’adoption de la loi du 23 février 2005 qui prône le rôle positif de la présence française en Afrique du Nord. Mieux, nous pourrions citer le rôle du député socialiste de l’Hérault, Monsieur Kléber Mesquida (né à Douaouda)  qui n’a pas hésité à affirmer « l’œuvre positive, c'est le recul du paludisme, les marais asséchés, les petits colons qui ont défriché. ..Tous les gens qui ont contribué à construire ce pays. Il est facile aujourd'hui de prendre un mot, un adjectif, et de l'extraire d'un texte » pour défendre le fameux article 4 de la loi. C’est encore lui qui déclarait au début de  son intervention en séance publique, le vendredi 11 juin 2004 : « Permettez-moi donc de saluer tous ces compatriotes qui ont contribué à l’œuvre civilisatrice de la France.

Dès l’adoption de cette loi des militants socialistes réunis dans PRAIRIAL21,ont interpellé les parlementaires et la direction du Parti pour dire leur colère contre les relents de la pensée coloniale qui traversaient le Parti Socialiste. Ce sont eux qui ont obtenu après des heures de bataille, l’inscription de  l’abrogation de la loi dans la motion du congrès du Mans.

Et, seul Dominique Strauss-Kahn les a accompagné dans cette démarche et a organisé la pétition nationale qui a obligé Jacques Chirac à abroger l’article 4 de la loi du 23 février 2005.

C’est seulement après avoir constaté que l’indignation était à son comble dans la société civile que François Hollande a pris position contre cette loi inique. Et, à ce jour, il n’est pas certain que le Parti  Socialiste ait une réelle perception de l’ignominie.

Pour preuve, Kléber Mesquida est toujours candidat des socialistes dans l’Hérault. Celles et ceux qui ont combattus la loi n’ont pas été désignés. Par contre, d’autres, choisis pour être issus de l’immigration mais surtout pour leur grande capacité à être toujours en accord avec le Parti ont été investis.

Aujourd’hui, François Hollande va chercher des bons points auprès des Algériens et croit que sa brochette de candidats d’origine algérienne suffit à justifier de sa bonne foi.

Quand on connaît l’aversion de certains pour la culture d’origine et l’acharnement des autres à promouvoir leur seule carrière personnelle, il apparaît clairement que la sincérité n’est pas au rendez-vous.

Croire que les Algériens se laisseront aussi facilement bernés, montre le degré d’estime que François Hollande a pour l’Algérie.

Par Chafia MENTALECHETA - Publié dans : Bizarreries socialistes
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Jeudi 6 juillet 2006 4 06 /07 /2006 19:13

  

 

 COMMUNIQUE  de  PRESSE

d'Harlem DESIR, Député européen

Paris, le 5 juillet  2006

 

Des propos déplacés et blessants pour tous les Antillais.

Interrogé sur BFM T.V. par Ruth Elkrief, en réaction à ma position de soutien à la candidature de Georges Pau Langevin pour les élections législatives, Malek Boutih a déclaré se refuser " à pleurer sur le sort de Harlem Désir qui est député européen pour la deuxième fois..., mal placé pour donner des leçons. puisqu'élu sur un scrutin de liste... et qui fait preuve de communautarisme".

  L'accusation de communautarisme est particulièrement déplacée. Mon histoire et mes engagements depuis plus de vingt ans démontrent une démarche exactement inverse, fondée sur des principes universalistes et républicains. C'est en leur nom que je défends aujourd'hui la nécessité d'une meilleure représentation de la diversité de la société française, dans toute sa richesse, à l'Assemblée Nationale.

C'est pourquoi, de même que je me réjouis de la candidature de Malek Boutih, je soutiens celle de George Pau Langevin, avocate des droits de l'homme, ancienne présidente du MRAP, dans la XXI è circonscription de Paris, où elle milite et vit depuis plus de 25 ans. Soutenue par Bertrand Delanoë, Yvette Roudy, Victorin Lurel et beaucoup d'autres, la candidature de George Paul Langevin est légitime parce que c'est celle d'une militante reconnue et chevronnée.

  J'imagine que Malek Boutih ne considère pas que sa candidature en Charente est à priori légitime tandis que celle d'une militante antillaise à Paris serait par nature communautariste. Malek vaut mieux que çà. C'est pourquoi je crois que ses propos sont déplacés et blessants, non pour moi, mais pour la candidate visée et pour tous les antillais. Je lui recommande de les retirer car je les crois peu dignes d'un secrétaire national du Parti Socialiste à l'égard d'une candidate de la qualité de George Pau Langevin.

Je voudrais également rappeler à Malek Boutih qu'en ce qui me concerne, il n'a pas été nécessaire de geler le vote des militants dans la circonscription Ile de France où j'ai été investi comme tête de liste par le Parti socialiste lors des dernières élections européennes. J'espère qu'un jour, cela sera possible pour lui aussi, d'être investi par le vote des militants.

En attendant, je suis prêt à venir le soutenir en Charente auprès des camarades de la Fédération, puisqu'il semble y rencontrer quelques difficultés à se faire accueillir.

 Car pour moi, il restera toujours un pote.

 Harlem Désir

Député européen

Par Chafia MENTALECHETA - Publié dans : Bizarreries socialistes
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Jeudi 22 juin 2006 4 22 /06 /2006 12:45

Le hold up des Bidochons

 

Il y a comme ça des dates qui s’inscrivent dans la mémoire socialiste de manière irréversible.

Le 10 mai 1981, victoire de François Mitterrand. Le 28 mars 1993, la déroute des socialistes. Le 21 avril 2002, la défaite de Lionel Jospin.

 

Le 14 juin 2006 ne dit encore rien à la plupart de citoyens mais cette date risque bientôt de marquer les esprits et particulièrement ceux de la majorité de la diversité française.

 

Ce 14 juin 2006, les socialistes désignaient leurs candidats aux élections législatives de 2007. Ils devaient prendre date et acter de leur volonté à être en phase avec la société française du 21ème siècle. Ce jour, devait répondre aux exigences des françaises et des français, mettre en valeur la modernisation du Parti Socialiste par l’intronisation du mandat unique pour les parlementaires, le renouvellement générationnel des cadres politiques, l’enracinement de la parité et l’émergence de la diversité française.

 

Les résultats issus du vote démocratique organisé par le Parti Socialiste permettent de mesurer assez justement la difficulté de passer de l’intention à l’action.

 

En matière de mandat unique pour les parlementaires, proposition inscrite dans le projet des socialistes, constatons sans commentaire supplémentaire que résolution n’est pas force de loi.

 

En terme de renouvellement générationnel, la hauteur de la satisfaction affichée correspond à quelques pouces près à la longueur de l’arbre qui cache la forêt. L’audace et l’imagination de la jeunesse ne perturberont pas trop les mœurs ancestrales de l’Assemblée Nationale.

 

En signe de parité, loi et surtout financement obligent, des efforts importants sont accomplis. Convenons cependant, que le poids de certains attributs anatomiques permet de " dégeler " aussi vite qu’elles sont " gelées " des circonscriptions gagnables ou non. Il est toujours bon de ne pas trop chatouiller les susceptibilités locales pour faire vivre la synthèse jusqu’à la désignation de la candidate ou du candidat des socialistes à la présidentielle.

 

La palme est accordée à l’émergence de la diversité. Pas seulement parce que les résultats sont ceux qu’ils sont, c'est-à-dire pitoyables mais surtout dans la mise en exergue des moyens les plus déplorables pour contrer les candidates et les candidats dits " issus de la diversité ".

 

Pour sauvegarder l’intérêt général et celui de leur famille politique, les militants socialistes " issus de la diversité " ont toujours mis en retrait l’ambition légitime de porter les couleurs du Parti Socialiste A force d’entendre que les électrices et les électeurs n’étaient pas prêts à voter pour un " beur ", un " black " ou un " métissé ", ils avaient fini par y croire. C’était le temps de la marche des " beurs ". Pour faire évoluer la société et les mentalités, il fallait s’inscrire dans une dynamique citoyenne, montrer son attachement à la France et démontrer son incontestable intégration dans la République.

 

Depuis, la nomination de Ministres et Secrétaires d’Etat " issus de la diversité " par Jacques Chirac, l’évolution et la mutation incontestables de la société française, les orientations votées lors des congrès de Dijon et du Mans, laissaient penser que probablement ce qui devait être vrai au 20ème siècle, ne l’était plus aujourd’hui.

 

C’est ainsi, que le 14 juin 2006, des militants socialistes " issus de la diversité ", acteurs de terrain, convaincus de leur capacité à porter, défendre, les valeurs de la République et le projet collectif ont soumis leur candidature au vote de leurs camarades. Des années de militantisme au moteur, des dizaines de campagne dans les pattes, des centaines de débats politiques à l’esprit, ils pensaient, à juste titre, que leur tour était venu d’avoir l’honneur de défendre les couleurs du Parti Socialiste.

Trop confiant dans la capacité du Parti à évoluer, ils avaient juste oublié qu’il n’y a pas de hasard dans la faible représentation de la diversité mais bel et bien une volonté de pérenniser une logique de partage du pouvoir entre ceux qui se considèrent seuls légitimes.

Persuadés de la justesse de leur combat, ils se sont laissés abuser par les mots de Dijon, les mots du Mans en oubliant les maux. Les maux de la loi du 23 février 2005, des quartiers populaires… Ces maux qui traversent la France de part en part parce que sa classe politique est figée dans le passé.

 

D’avoir si peu de mémoire donne des résultats éloquents.

 

Le 14 juin au soir, nombre de ces candidats n’ont pas eu besoin de longues explications pour comprendre que les principes les plus nobles peuvent être détournés par ceux qui les énoncent. Car, l’affirmation du principe de démocratie semble ne plus être qu’un subterfuge, une justification politique pour couvrir les pratiques discriminatoires conscientes ou inconscientes qui règnent dans ce parti.

 

Et, rester seulement dans l’affirmation du principe sans le souci de contrôle de sa réelle mise en œuvre, ne rétablira pas la confiance avec notre société.

 

En effet, si tous les citoyens sont égaux et également admissibles à toutes les dignités et places sans autre distinction que celle de leurs vertus et de leurs talents, deux possibilités s’imposent aujourd’hui pour expliquer les résultats du 14 juin.

Soit la majorité des candidats d’origine non européenne est dépourvue de vertus et de talents, soit l’égale admissibilité à toutes les dignités et places n’est pas effective.

Confrontés chaque jour à l’excellence de beaucoup de camarades, la première hypothèse ne peut être validée. Reste la seconde, la plus probante qui renvoie chaque socialiste à sa part de responsabilité dans l’aboutissement à l’inégalité.

 

Habituellement, les plus amers quittaient le Parti pour aller voir ailleurs où certains ont même réussi. Les autres restaient et se rangeaient derrière la sacro-sainte démocratie, sans faire de remous. Chacun soupçonné en permanence de communautarisme latent, personne ne souhaitait, en plus, se voir suspecté d’antidémocratisme. Et puis, il y avait les promesses…

Oui mais voilà, le temps des promesses et de la marche des " beurs " est terminé. Désormais, le parti est en discussion avec des militants engagés et insensibles aux pratiques de saupoudrage et les candidats du 14 juin 2006 ne veulent plus se laisser enfermer dans une virtuelle prison de mots. Mieux, ils ont conscience que leur expression est vitale pour l’avenir de leur famille politique.

Toujours ne rien dire, toujours laisser faire, toujours accepter, loin de protéger le Parti, participe à son affaiblissement. Ce qui est fondamental, dans la démocratie, ce sont les valeurs qui la composent, le respect de la dignité humaine, des libertés, des différences et de leurs expressions. Ce qui doit être essentiel dans l’exercice démocratique, c’est l’assurance de parvenir à faire respecter l’ensemble de ces droits et pas seulement le droit de préserver les privilèges des oligarchies locales.

 

La bataille politique se pose aujourd’hui à ce niveau et le combat doit être mené. Désormais, il ne doit plus être possible de cautionner l’hypocrisie pour préserver des bontés particulières sous couvert de l’intérêt général du Parti. Trop de bassesses, trop d’indignités, trop de vilenies ont accompagnées les candidats " issus de la diversité " tout au long de la campagne interne. La primauté faite aux intérêts personnels et claniques, au-delà de tout sens politique, ne peut être avalisée.

 

A l’heure où la classe politique vit une véritable crise de confiance avec les français, il est venu le temps de nous opposer à nos propres faiblesses et prouver ainsi à nos électeurs que nous nous saisissons pleinement de leur message.

Les citoyens de France exigent de nous un souffle d’air frais pour revigorer notre démocratie et cette exigence nous impose de réussir l’émergence d’une nouvelle génération de cadres politiques à l’image de la société française du 21ème siècle.

Celles et ceux qui sont chaque jour sur le terrain que de railleries entendent-ils sur le nombre de dérogations qui vont être encore accordées, sacrifiant ainsi le non cumul des mandats, la parité sur l’autel des hommes incontournables, la jeunesse sur celui de la parité ? Et que dire de notre incapacité à acter que la société française n’est ni figée, ni réduite à sa simple expression gauloise ?

 

Le 10 mai 1981, jour de l’espoir suscité.

Le 28 mars 1993, jour de la débâcle sans besoin de diversité.

Le 21 avril 2002, jour du déphasage avec la société.

le 14 juin 2006, sans audace des socialistes, s’inscrira dans les mémoires comme le jour du hold up des Bidochons.

 

 

Chafia MENTALECHETA

Membre du Conseil National du Parti Socialiste

Déléguée Nationale à la citoyenneté et à la lutte contre les discriminations.

Représentante du Parlement Européen à l’observatoire européen des phénomènes racistes et xénophobes.

 

Vous pouvez signer ce texte en adressant un mail à chafiamenta@wanadoo.fr

Par Chafia MENTALECHETA - Publié dans : Bizarreries socialistes
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Mercredi 7 juin 2006 3 07 /06 /2006 11:12

 Le non cumul des mandats a fait l’objet de discussions dans chacune des rencontres avec les militants. Je suis assez étonnée de la pauvreté des arguments avancés pour justifier le cumul en nombre et dans le temps.

  La loi n’interdit pas le cumul,  il est donc  autorisé !

 Ai-je besoin de  rappeler que le premier rôle du parlementaire est de légiférer ?

90 % des parlementaires actuels sont  certes des cumulards mais pas des masochistes. Je ne vois pas bien comment ils voteraient une loi qui couperait la branche sur laquelle chacun d’entre eux, est assis. C’est pour cela que les lois de 1985 et 2000 sont largement insuffisantes. Elles permettent d’en faire assez pour faire croire aux citoyens qu’ils ont été « compris » sans en faire trop pour ne pas bousculer ce petit monde. Nous sommes bien loin de la notion d’exemplarité exigée de tous les citoyens et de la défense permanente de l’intérêt général.

A priori, dans le projet des socialistes, nous allons réaffirmer que nous sommes pour le mandat unique en ce qui concerne les parlementaires. Je veux bien m’acheter un chapeau et le manger si nous arrivons à faire voter cette loi. C’est vrai que ça fait chic dans un projet d’être pour le mandat unique, mais après il va falloir légiférer. Ce n’est pas gagné.

J’ai une proposition simple à faire à mon Parti. Inscrivons dans nos statuts, la stricte limitation du mandat de parlementaire et exigeons de nos camarades un investissement exclusif sur ce mandat.

Ne sommes-nous pas socialistes et progressistes? Nous avons démontré notre capacité à être audacieux avec l’instauration de la parité, continuons à l’être avec le non cumul des mandats.

Et là quand je dis cela, le deuxième argument fuse.

 Le non cumul laisse le champ libre à la Droite

« Si nous appliquons le non cumul, la Droite va s’emparer des autres mandats ». Je suis particulièrement attristée par ce type de raisonnement.

Quelle prétention de la part de ces élus (es) qui pensent être les seuls (es) à pouvoir être légitimes. Quel manque d’égard pour  les idées, les valeurs  que nous défendons auprès des électeurs. Quel culte voué à leur personne. Quel mépris pour l’intelligence et le militantisme de leurs camarades.Franchement, cet argument est inacceptable pas plus d’ailleurs que le troisième.

Le cumul est un gage de proximité avec les préoccupations quotidiennes des électeurs et la réalisation des projets locaux.

Pourtant, la soi-disant connaissance du terrain n'a pas empêché les parlementaires d'être souvent sourds et aveugles aux problèmes du moment. La proximité avec le quotidien des  citoyens n’est pas liée à l’exercice d’un mandat local mais à la volonté du parlementaire de se donner les moyens d’être à l’écoute. Et, c’est là qu’il faut revisiter notre pratique politique.

Il faut commencer par faire confiance aux élus locaux qui sont en permanence sur le terrain. Passer son temps à croire qu’ils nous préparent un mauvais coup n’est pas source de sérénité. Des rencontres systématiques entre le parlementaire et les élus locaux pour partager un diagnostic de territoire, une analyse sur telle ou telle situation, une concertation sur des projets futurs me paraissent de l’ordre du tout à fait possible. Ensuite, à chacun, en fonction de ses compétences et prérogatives, de se concentrer sur la tâche qui lui est assignée par le collectif. C’est particulièrement vrai sur la première circonscription du Puy de Dôme, territoire spécialement favorisé politiquement puisque l’ensemble des collectivités territoriales et la très grande majorité des collectivités locales ont des exécutifs socialistes.

Il faut également aller à la rencontre des militants. Ils sont, eux aussi des citoyens. Ils sont la richesse du parti socialiste. Toujours sur le terrain, dans les associations, les syndicats, les comités de quartier,…, ils ont toute capacité pour parler des difficultés rencontrées. Aller, au moins, une fois par an dans chacune des sections de la circonscription pour écouter ce qu’ils ont à dire me semble être un premier gage de proximité. Mais attention, pas pour faire un compte rendu de mandat, pour faire un monologue puis boire le pot de l’amitié. Mais pour écouter puis réfléchir ensemble aux solutions possibles. Je dis cela car souvent la confusion est faite. En ce qui me concerne, je fais bien la distinction entre faire un compte rendu de mandat où il n’y a que le parlementaire qui parle et une réunion où le parlementaire se tait pour écouter les autres parler.

Il faut aussi rester en contact étroit avec les acteurs sociaux. Je crois qu’il faut même les étonner et aller à leur rencontre pas seulement lorsqu’on y est invité. Je suis surprise d’entendre dire « L’association X ne m’a pas invitée pour son vingtième anniversaire ». Un parlementaire qui s’intéresse à la vie d’une association ou d’un quartier n’a pas besoin d’invitation pour aller voir ce qui s’y passe. Et, finalement, on pourrait penser que s’il n’a pas été invité, c’est tout simplement parce qu’absent, on a fini par l’oublier.

Je sais bien que le parlementaire ne peut être au four et au moulin, à l’Assemblée et sur le terrain. C’est là aussi que la pratique politique doit changer.

Ce fameux suppléant qui est là, à attendre qu’il se passe quelque chose pour suppléer au parlementaire, pourrait tout à fait prendre une part active dans la mandature. Mieux, il pourrait devenir un vrai partenaire. Partenaire des élus locaux, partenaires des acteurs sociaux. Ce qui lui permettrait d’ailleurs de se préparer à une éventuelle suppléance.

Enfin, continuer à vivre normalement, aller faire ses courses, voir les professeurs des enfants, emmener le petit dernier au foot, permet d’être en contact permanent avec les gens. Mais pour cela faut-il encore avoir le temps ! Moi, je veux avoir le temps. Le temps de faire de la politique au service de l’intérêt général mais aussi le temps de vivre avec mes enfants et mes ami (es). C’est pour cela, aussi, que je suis pour la stricte limitation au mandat de parlementaire.

Légiférer, représenter les citoyens et contrôler l’exécutif gouvernemental me paraissent être trois fonctions importantes avec une lourde charge de travail. L’élaboration des lois, exige un minimum de temps et de sérénité. Occupés par leur mandat local, de nombreux députés ne sont pas en mesure d’assumer cette exigence. Leur indisponibilité nuit au bon exercice de leur mandat de parlementaire et par voie de conséquence, elle est un frein au sens même de la représentation nationale. C’est dommageable pour la démocratie car cela affaiblit considérablement le rôle du parlement  qui n’exerce plus sa mission de contrôle.

 Notre arsenal législatif est un des plus importants au monde. Que de lois votées ! Combien sont réellement appliquées ? Combien n’ont même pas vu le jour par défaut de décrets d’application ? Qu’en pensez-vous ?

Par Chafia MENTALECHETA - Publié dans : Bizarreries socialistes
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