Jeudi 14 septembre 2006
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Que l'on se rassure, je n'avais pas disparu. Comme une majorité de citoyennnes et de citoyens, j'ai profité de mes enfants, préparé la rentrée des classes, mis un coup d'accélérateur à mon activité professionnelle.En bref, c'est la rentrée d'une femme normale. Une femme en permanence au contact de la réalité.
Et cette réalité n'est pas triste en ce moment. Comme moi, vous avez du constater l'augmentation significative du prix des fournitures scolaires et qu'il faut , encore et toujours, une volonté de fer pour ne pas céder aux caprices des enfants sur tel ou tel agenda qui fait 4 euros de plus parce qu'il est doté d'un signe magique de marque obligatoire pour faire partie des "branchés". Bref, nous avons certainement dû nous croiser dans les allées des grandes surfaces, chacune et chacun avec son caddie, à suivre à la trace des enfants boudeurs mais finalement prêts à couper la poire en deux.
Je vous avoue que pendant ces moments, je me demandais si mes petits camarades parlementaires connaissaient les mêmes joies de la normalité, les différents prix d'un cahier 24X32 et le parcours du combattant pour trouver le protège cahier bleu ciel indispensable pour que nos chers petits assimilent parfaitement la matière enseignée.
Ah! ce protège cahier bleu ciel 24X32, il m'en aura fait parcourir des kilomètres dans Clermont -Ferrand et ses environs, mais j'ai fini par le trouver. Et à cette heure, il y a 3 heureux à Clermont-Ferrand, mon fils, son professeur et moi même. Finalement, le bonheur ne tient pas à grand chose!
La rentrée des "Politiques"est par contre aussi terne qu'en juin. Occupé(es) à élaborer de nouveaux discours pour nous mener en bâteau et nous faire croire qu'après eux le déluge, ils se sont tout juste astreints à leur rôle respectif. Pour la Droite tout va bien et pour la Gauche tout va mal. Ca ne mange pas de pain. Personne n'a rien dit de ce que l'on comptait faire des ces milliers de jeunes sortis du système scolaire en juin sans solution d'insertion.
Ces jeunes de 16 ans en échec scolaire que vont-ils devenir? L'apprentissage me direz-vous. Mais savez-vous qu'aujourd'hui en Auvergne, il y a des jeunes qui trouvent un employeur et qui sont obligés de rompre leur contrat? Tout simplement parce que les centres de formation pour les apprentis sont complets! Même dans les métiers du bâtiment!! Cela fait des années que cela dure, les pouvoirs publics (Etat et Région) font mine de s'y intéresser mais n'arrivent jamais à résoudre le problème. Curieusement, on nous serine que la démographie est en baisse et que cela ne sert à rien d'investir dans des sections supplémentaires parce que dans 5 ou 6 ans, il y aura moins de jeunes donc moins d'apprentis. Résultat, les jeunes d'aujourd'hui qui sont bien vivants et bien réels deviennent virtuels parce que l'intelligence politique prévoit qu'ils n'existeront plus dans quelques années. C'est vraiment fort comme raisonnement. Intérrogée, chaque institution va nous répondre qu'elle a des propositions adaptées à faire aux jeunes.
D'abord l'Education Nationale avec la Mission Générale d'Insertion qui va nous expliquer qu'elle peut mettre en place des sessions d'insertion et d'orientation et des classes CIPPA pour permettre aux jeunes de déterminer un projet professionnel. Oui mais pour combien de jeunes en Auvergne? Mieux, on nous affirmera qu'il reste des places dans les lycées professionnels dans certains secteurs d'activité. Ainsi, le jeune qui voulait être plombier, mécanicien ou coiffeur fera un CAP Métallier ou un BEP Comptabilité. En fin de course, il n'exercera pas le métier parce que cela ne l'intéresse pas ou parce qu'il n'y a pas de débouchés. Qu'importe puisqu'il est casé! Dans deux ans, on avisera.
Ensuite le Conseil Régional vous dira qu'il fait de son mieux, qu'il met en place des formations professionnelles pour ne pas laisser les jeunes au bord de la route. Là aussi pour combien de jeunes et avec quelle cohérence dans les parcours? La formation professionnelle des jeunes est un enjeu majeur pour notre région. D'une part, elle permet la qualification par la voie de l'alternance, essentielle pour les jeunes en "phobie scolaire" d'autre part, elle permet à une région comme la notre de garder ses jeunes. Très prochainement je mettrai en ligne un texte sur la formation professionnelle en Auvergne pour bien vous expliquer ce qui se passe.
Enfin l'Etat qui vous annoncera que depuis la décentralisation, il n'est plus en charge de la formation professionnelle et que c'est le problème des Régions. Cela ne l'empêche pas à 6 mois des élections présidentielles d'ordonner à l'AFPA la mise en oeuvre d'un Programme d'Action dans la Vie Active pour 50000 jeunes afin de les aider à trouver un contrat d'apprentissage. Contrat qui sera rompu parce qu'il n'y a pas de place dans les CFA et la boucle est bouclée.
Si, nos politiques ne se penchent pas de manière plus sérieuse sur les questions de l'enseignement et de la qualification, nous ne sommes pas prêts de voir ces jeunes s'inscrire dans un réel et efficace parcours d'insertion professionnelle. Prévenir la délinquance par une loi sordide est un exercice mesquin. Prévenir la délinquance en permettant aux jeunes d'être des acteurs de la vie professionnelle nécessite de l'intelligence politique qui semble faire cruellement défaut aux Femmes et aux Hommes politiques, vestiges du siècle dernier. Ces élites restent accrochées à leurs vieilles recettes et nous inondent sous des politiques publiques qui ont 20 ans de retard sur la réalité.
Bonne rentrée!