Publié au Mans le 20 novembre 2005
Depuis de nombreuses nuits, certains de nos concitoyens allument des projecteurs pour éclairer une république qu’ils ne voient plus, ils brûlent ces ghettos dont ils ne veulent plus, ces entreprises qui ne les recrutent pas, ces écoles dont ils sortent en échec, ces gymnases qui ne feront d’eux ni des Zidane ni des Thuram. En clair, ils répondent à la violence par la violence. Violence de l’Etat qui ne sait pas garantir le principe de l’égalité réelle pour tous. Cet Etat qui est en train de transformer le pays des droits de l’homme en pays des droits de certains hommes et certains hommes seulement. Violence des entreprises régulièrement hors la loi. Entreprises qui ne respectent pas la loi contre les exclusions de Martine Aubry, la loi contre les discriminations, et ces entreprises qui ne sont jamais sanctionnées.
Violence également de notre société qui se veut toujours et encore toujours autochtone, oligarche et homogène. Alors oui, mes camarades, si notre responsabilité est de condamner la violence, il nous faut condamner toutes les violences. Lutter contre toutes les violences et pas seulement contre celles qui s’expriment aujourd’hui dans nos banlieues. Responsabilité veut dire également devoir : devoir d’écouter, devoir d’entendre, devoir de réfléchir pour élaborer des réponses concrètes. Les premières réponses apportées par ce gouvernement ne sont ni recevables, ni acceptables, ni même utiles. Ce gouvernement nous propose encore et encore des rustines à coller sur des pneus usés jusqu’à la lie, et en solution ultime, il nous propose le recours à l’état d’urgence !
Mes camarades, si nous n’attendons rien de
Si jamais nous ne faisions pas cas de notre responsabilité, mes camarades, nous passerions, je le pense, très sincèrement, à côté du devoir d’audace : l’audace de réhabiliter le rôle de l’histoire dans la construction identitaire de la société du XXIe siècle, l’audace de dire l’histoire sans la travestir car, même avant de vouloir un emploi ou un logement, ces jeunes et ces moins jeunes qui vivent dans nos banlieues, qui vivent dans nos quartiers populaires, mais qui vivent également dans le reste de
Mes camarades, il nous appartient alors de créer les conditions d’une histoire commune où chacune et chacun trouve sa place dans la dignité.
Alors, mes camarades, même si nous ne sommes plus très nombreux tout de suite et que je sens que les ventres crient au secours, ne pourrions-nous pas avoir l’audace cinq minutes, ici au Mans, pour décréter que le seul combat qui vaille finalement, ce n’est pas le combat des chefs, c’est uniquement le combat pour l’égalité. Mes camarades, cette égalité réelle doit être à la base de toutes nos politiques. C’est à ce prix, mes camarades, au prix de l’égalité réelle, pour toutes et tous sur l’ensemble du territoire, que nous réconcilierons le socialisme et les banlieues, le socialisme et les Français. Merci.
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