| Chafia Mentalecheta |
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Mes camarades, je voudrais prendre trente secondes sur le temps qui m’est imparti, et je vais faire très vite, pour vous remercier d’être là, pour écouter jusqu’au bout, et je propose tout de suite à la direction nationale puisque nous avons créé une commission de la transparence, de créer un observatoire des attitudes des socialistes qui piaffent à l’entrée du Conseil national pendant les périodes de congrès, et leur incapacité à rester jusqu’au bout d’un Conseil national pendant les trois ans qui nous séparent du prochain congrès.
Je voudrais revenir assez rapidement, et je ne développerai pas, sur ce fameux contrat d’apprentissage à 14 ans. Je regrette vraiment que dans le cadre de la mobilisation contre le CPE nous n’ayons pas assez insisté pour dénoncer cette nouvelle mesure .L’apprentissage à 14 ans, c’est une attaque frontale, une agression contre l’accès au savoir pour tous et à la connaissance générale pour tous, et qui va permettre, bien entendu, de former des générations d’acculturés. On sait que dans une société où le citoyen n’a pas le savoir, il ne peut pas y être véritablement actif et acteur. Cette mesure, c’est l’organisation par l’État, par le pouvoir politique d’une nouvelle discrimination. Cette nouvelle discrimination va, je pense très sincèrement, aggraver la triple fracture sociale ethnique et territoriale, alors que l’on nous dit que c’est une réponse aux événements de novembre 2005. Cela va tout simplement accentuer ce qui se passe aujourd’hui dans les quartiers populaires. Je crois qu’il nous appartient, à nous, socialistes d’être véritablement vigilants sur cette mesure-là, d’abord en la dénonçant haut et fort, bien entendu, mais dénoncer, c’est toujours simple quand on est de l’opposition. Le mieux, c’est de proposer. Et moi, j’ai une proposition à faire sur cette question à la direction nationale. Nous avons aujourd’hui 22 régions sur 26, 22 régions socialistes qui peuvent être, non seulement des laboratoires, des centres d’expérimentation de nos idées socialistes, mais qui peuvent être également la vitrine de la volonté socialiste. On peut tout à fait dès maintenant réunir les présidents de région pour travailler à deux choses : d’abord élargir à toutes les régions socialistes les écoles de la deuxième chance pour permettre tout de suite, pas en 2007, mais tout de suite, aux jeunes de ces quartiers populaires, qui sont dans la difficulté, qui sont en échec scolaire, de pouvoir réintégrer rapidement un dispositif qui leur permette d’avancer dans leur parcours d’insertion sociale et professionnelle. La deuxième proposition, c’est d’élaborer ensemble, les 22 régions socialistes, tout de suite également, avant la prochaine programmation des programmes régionaux de formation professionnelle, un programme commun, une partie dans ce programme régional, qui serait un programme commun à tous les socialistes pour permettre également à ces jeunes des quartiers populaires de pouvoir réinvestir très rapidement leur parcours d’insertion sociale et professionnelle.
Parce que ne nous le cachons pas, cet apprentissage à 14 ans, mes camarades, même le MEDEF n’en veut pas, et pour cause, ils ne veulent déjà pas recruter ces jeunes quand ils ont 16 ans, 18 ans, 20 ans et 26 ans. Ils ne vont pas maintenant, en plus, être obligés par leurs propres amis politiques de les recruter à 14 ans !
Nous avons là un vrai moyen de démontrer non seulement notre volonté politique d’inclure ces quartiers dans la société française, et d’inclure ces jeunes dans la grande famille des citoyens de France, il ne faudrait pas qu’on passe à côté de cette chance-là.
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