Mes interventions

Vendredi 9 novembre 2007

 

Ce matin, j'ai reçu un appel d'un copain qui voulait que je lui confirme mon soutien au candidat Samir El Bakkali aux élections cantonales de 2008 sur le canton Nord de Clermont Ferrand.

Face à l'hypocrisie générale quant à la question de la représentativité de la société française du XXIème siècle dans la sphère politique, j'ai pris la décision de me baser sur des critères précis pour soutenir des candidats aux scrutins uninominaux.

  1. L'appartenance du/de la candidat(e) à la société française du XXIème siècle dans sa diversité.
  2. La proximité avec les électrices et les électeurs par l'intermédiaire d'un travail soutenu de terrain.
  3. La capacité réelle de traiter les dossiers et d'apporter une vision nouvelle dans l'élaboration des politiques publiques.
  4. L'efficacité électorale

Samir est un Français issu de l'immigration. Il habite, milite, fait ses courses, envoie ses enfants à l'école dans le canton Nord. Il participe activement à la vie associative de ce secteur en sa qualité de parent et de citoyen.

Samir est géologue, vulcanologue. Ainsi en plus de connaitre les volcans mieux que n'importe lequel des auvergnats, il a la capacité intellectuelle d'avoir une analyse politique fine des situations et des problématiques rencontrées par les habitants du canton Nord.

Mais,.... Samir n'est pas le candidat du parti socialiste. Et même s'il avait été membre de ce parti, il n'aurait jamais été désigné. Entre Zohra, Kpamegan, Karim et Mehdi, le parti socialiste a choisi Alexandre candidat à sa succession pour un troisième mandat...

Alors,  je dis STOP aux stratégies "colgate fluor". Moi aussi, en ma qualité de citoyenne , j'ai le droit d'avoir mes propres critères de sélection. Et, je ne veux plus me contenter des slogans stupides de gauche genre "Black, Blanc, Beur, c'est la même couleur" ou "nous sommes tous des immigrés".

Chaque jour, les faits et les actes posés nous rappellent que Black, Blanc, Beur ce n'est pas la même couleur et qu'entre autochtones et immigrés, il y a un gouffre à ne pas combler. Vous comprendrez donc pourquoi les hypocrites qui s'offusquent de ma démarche me laissent aussi froide qu'un volcan éteint.

Pour constater ma détermination, je vous invite à visionner mon soutien à Samir.


 
Par Chafia MENTALECHETA
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Jeudi 25 mai 2006

Lors du conseil national qui s’est tenu le 11 mars 2006, Chafia Mentalecheta du Puy-de-Dôme est intervenue sur la question de l’emploi des jeunes et de la politique de la droite en la matière.

Mes camarades, je voudrais prendre trente secondes sur le temps qui m’est imparti, et je vais faire très vite, pour vous remercier d’être là, pour écouter jusqu’au bout, et je propose tout de suite à la direction nationale puisque nous avons créé une commission de la transparence, de créer un observatoire des attitudes des socialistes qui piaffent à l’entrée du Conseil national pendant les périodes de congrès, et leur incapacité à rester jusqu’au bout d’un Conseil national pendant les trois ans qui nous séparent du prochain congrès.

Je voudrais revenir assez rapidement, et je ne développerai pas, sur ce fameux contrat d’apprentissage à 14 ans. Je regrette vraiment que dans le cadre de la mobilisation contre le CPE nous n’ayons pas assez insisté pour dénoncer cette nouvelle mesure .L’apprentissage à 14 ans, c’est une attaque frontale, une agression contre l’accès au savoir pour tous et à la connaissance générale pour tous, et  qui va permettre, bien entendu, de former des générations d’acculturés. On sait que dans une société où le citoyen  n’a pas le savoir, il ne peut pas y être véritablement actif et acteur. Cette mesure,  c’est l’organisation par l’État, par le pouvoir politique d’une nouvelle discrimination. Cette nouvelle discrimination  va, je pense très sincèrement, aggraver la triple fracture sociale ethnique et territoriale, alors que l’on nous  dit que c’est une réponse aux événements de novembre 2005. Cela va tout simplement accentuer ce qui se passe aujourd’hui dans les quartiers populaires. Je crois qu’il nous appartient, à nous, socialistes d’être véritablement vigilants sur cette mesure-là, d’abord en la dénonçant haut et fort, bien entendu, mais dénoncer, c’est toujours simple quand on est de l’opposition. Le mieux, c’est de proposer. Et moi, j’ai une proposition à faire sur cette question à la direction nationale. Nous avons aujourd’hui 22 régions sur 26, 22 régions socialistes qui peuvent être, non seulement des laboratoires, des centres d’expérimentation de nos idées socialistes, mais qui peuvent être également la vitrine de la volonté socialiste. On peut tout à fait dès maintenant réunir les présidents de région pour travailler à deux choses : d’abord élargir à toutes les régions socialistes les écoles de la deuxième chance pour permettre tout de suite, pas en 2007, mais tout de suite, aux jeunes de ces quartiers populaires, qui sont dans la difficulté, qui sont en échec scolaire, de pouvoir réintégrer rapidement un dispositif qui leur permette d’avancer dans leur parcours d’insertion sociale et professionnelle. La deuxième proposition, c’est d’élaborer ensemble, les 22 régions socialistes, tout de suite également, avant la prochaine programmation des programmes régionaux de formation professionnelle, un programme commun, une partie dans ce programme régional, qui serait un programme commun à tous les socialistes pour permettre également à ces jeunes des quartiers populaires de pouvoir réinvestir très rapidement leur parcours d’insertion sociale et professionnelle. 

 Parce que ne nous le cachons pas, cet apprentissage à 14 ans, mes camarades, même le MEDEF n’en veut pas, et pour cause, ils ne veulent déjà pas recruter ces jeunes quand ils ont 16 ans, 18 ans, 20 ans et 26 ans. Ils ne vont pas maintenant, en plus, être obligés par leurs propres amis politiques de les recruter à 14 ans !

Nous avons là un vrai moyen de démontrer non seulement notre volonté politique d’inclure ces quartiers dans la société française, et d’inclure ces jeunes dans la grande famille des citoyens de France, il ne faudrait pas qu’on passe à côté de cette chance-là.

Par Chafia MENTALECHETA
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Jeudi 25 mai 2006

Publié au Mans le 20 novembre 2005

Depuis de nombreuses nuits, certains de nos concitoyens allument des projecteurs pour éclairer une république qu’ils ne voient plus, ils brûlent ces ghettos dont ils ne veulent plus, ces entreprises qui ne les recrutent pas, ces écoles dont ils sortent en échec, ces gymnases qui ne feront d’eux ni des Zidane ni des Thuram. En clair, ils répondent à la violence par la violence.

Violence de l’Etat qui ne sait pas garantir le principe de l’égalité réelle pour tous. Cet Etat qui est en train de transformer le pays des droits de l’homme en pays des droits de certains hommes et certains hommes seulement. Violence des entreprises régulièrement hors la loi. Entreprises qui ne respectent pas la loi contre les exclusions de Martine Aubry, la loi contre les discriminations, et ces entreprises qui ne sont jamais sanctionnées.

Violence également de notre société qui se veut toujours et encore toujours autochtone, oligarche et homogène. Alors oui, mes camarades, si notre responsabilité est de condamner la violence, il nous faut condamner toutes les violences. Lutter contre toutes les violences et pas seulement contre celles qui s’expriment aujourd’hui dans nos banlieues. Responsabilité veut dire également devoir : devoir d’écouter, devoir d’entendre, devoir de réfléchir pour élaborer des réponses concrètes. Les premières réponses apportées par ce gouvernement ne sont ni recevables, ni acceptables, ni même utiles. Ce gouvernement  nous propose encore et encore des rustines à coller sur des pneus usés jusqu’à la lie, et en solution ultime, il nous propose le recours à l’état d’urgence !

 

Mes camarades, si nous n’attendons rien de la Droite , je tiens à le dire, prenons garde de ne pas nous exonérer de la responsabilité collective qui est la nôtre. Prenons garde de ne pas seulement accuser la Droite  et le gouvernement d’aujourd’hui de la situation actuelle. Nous sommes tous responsables de cette situation dans nos quartiers populaires.

Si jamais nous ne faisions pas cas de notre responsabilité, mes camarades, nous passerions, je le pense, très sincèrement, à côté du devoir d’audace : l’audace de réhabiliter le rôle de l’histoire dans la construction identitaire de la société du XXIe siècle, l’audace de dire l’histoire sans la travestir car, même avant de vouloir un emploi ou un logement, ces jeunes et ces moins jeunes qui vivent dans nos banlieues, qui vivent dans nos quartiers populaires, mais qui vivent également dans le reste de la France. Il ne faut pas croire qu’ils sont tous concentrés dans les zones urbaines, il en existe également dans les zones rurales. Ces jeunes et ces moins jeunes veulent d’abord partager un présent et un destin commun avec tous les citoyens de France. Ils ne veulent plus être des Français issus de l’immigration, quel que soit le numéro qu’on donne à leur génération. Ils ne veulent plus être des Français des DOM-TOM, ils ne veulent plus  être des Français harkis. Ils veulent simplement être des Français tout court, des Français toujours, avec leur faciès, leur prénom, leur culture. Ils veulent être reconnus de la République , et ils veulent se reconnaître dans la République.

 

Mes camarades, il nous appartient alors de créer les conditions d’une histoire commune où chacune et chacun trouve sa place dans la dignité.

Alors, mes camarades, même si nous ne sommes plus très nombreux tout de suite et que je sens que les ventres crient au secours, ne pourrions-nous pas avoir l’audace cinq minutes, ici au Mans, pour décréter que le seul combat qui vaille finalement, ce n’est pas le combat des chefs, c’est uniquement le combat pour l’égalité. Mes camarades, cette égalité réelle  doit être à la base de toutes nos politiques. C’est à ce prix, mes camarades, au prix de l’égalité réelle, pour toutes et tous sur l’ensemble du territoire, que nous réconcilierons le socialisme et les banlieues, le socialisme et les Français. Merci.

 

 

 

Par Chafia MENTALECHETA
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