Bizarreries socialistes

Samedi 23 février 2008

Tout le monde l'aura constaté. Depuis le lancement de la campagne municipale, j'ai gardé pour moi mes commentaires et mes réflexions. 

Et pourtant, je continue à être le cauchemar du Premier Fédéral, allez savoir pourquoi? Il a une propension à me rendre responsable de tout ce qui ne tourne pas rond dans sa fédération.

C'est quand même un peu trop facile et c'est donner beaucoup de pouvoir à une simple citoyenne socialiste. Je crois qu'une bonne analyse introspective des socialistes clermontois leur permettrait de mettre le doigt sur leurs réels problèmes.

Je peux bien entendu les aider dans cette démarche en commencant par leur décliner une problématique majeure:
l'inadéquation de leurs pratiques avec la réalité de la société française du 21ème siècle.

Continuer à croire que le profil du vrai bon militant est celui d'un homme blanc, soixantenaire, hétérosexuel ,de préférence fonctionnaire ou cadre supérieur et habitant du centre ville,  ne va plus être de tout repos.

Tous les citoyens sont aujourd'hui dignes d'être militants d'un parti politique. 
Penser qu'il y a des militants dignes d'être reconnus et d'autres non est une vue de l'esprit qui n'a rien d'humaniste.

D'autant quand ces militants stigmatisés ont pour point commun une origine géographique : les quartiers populaires.
C'est là que le bât blesse. Ces habitants des quartiers, on les veut électeurs, colleurs d'affiches, distributeurs automatiques de tracts mais surtout pas éligibles, penseurs et acteurs.

Alors, quand par malheur, ces habitants des quartiers populaires s'inscrivent dans un parti politique et particulièrement au Parti Socialiste, tout de suite flotte une ambiance suspecte.
Qu'est ce qu'ils nous veulent? "Ils veulent être comte à la place du comte?" Ils ne nous font plus confiance pour réfléchir pour eux, agir pour eux? Qu'est ce qu'il leur prend de vouloir penser et décider pour qui ils allaient voter?

La réponse c'est le système MENTALECHETA.

Le système MENTALECHETA, c'est dénoncer la volonté d'assigner à résidence. C'est formuler l'hypothèse que tout citoyen quelque soit son origine sociale, culturelle, son handicap ou son orientation sexuelle , est digne d'être éligible. C'est dire qu'il n'y pas d'un côté les intellectuels et de l'autre les indigènes de la République. C'est croire que la société française s'enrichit chaque jour de sa diversité. C'est reconnaitre l'action positive de l'Ecole de la République qui permet à tout un chacun de s'inscrire dans la citoyenneté.

Le système MENTALECHETA  favorise l'émancipation, encourage les talents et les compétences et lutte pour l'égalité réelle.

Vous comprendrez alors ma réaction aux propos de Pierre Sabatier dans l'
article paru hier dans La Montagne. 

Je vous livre l'intégralité de mon communiqué de presse.

"A l’instar de Georges FRECHE qui qualifiait les harkis de sous hommes, Pierre SABATIER, Premier Secrétaire de la fédération du Puy de Dôme affirment que des socialistes issus des quartiers populaires dont  Clermont Nord, « ne sont pas des militants notoires ». De toute évidence, Pierre Sabatier est le digne camarade de Georges Frêche.
Que 124 militants socialistes des quartiers populaires de Clermont-Ferrand décident de rompre avec le Parti démontre l’incapacité de cette organisation politique à être en phase avec la société du 21ème siècle. Cette absence d’analyse atteste de l’état de déliquescence de la fédération socialiste du Puy de Dôme.
Que ces 124 socialistes aient pris la décision de soutenir le Modem ne relèvent à priori pas d’une faute politique puisqu’ils ne font que suivre l’exemple donné entre autres par François Rebsamen, Maire socialiste de Dijon, Jean Noël Guérini, candidat socialiste à Marseille, tous deux membres du bureau national du Parti Socialiste.
Pratiques d’un autre siècle, absence de projet politique, déni de démocratie, mépris des militants, xénophobie latente sont aujourd’hui les seules images renvoyées par une fédération donneuse de leçon de solidarité et d’internationalisme.
Le mot camarade a laissé place à beurette, comte à la place du comte, militants douteux,…La mandature de Pierre Sabatier brille par sa « gauloiserie » exacerbée à chaque échéance électorale.
Faute d’assumer une réelle responsabilité dans l’échec du rassemblement des socialistes autour d’une vision fédératrice et rénovée, Pierre Sabatier fantasme sur l’existence d’un système, sorte de force obscure, qui aurait pour rôle d’anéantir l’appareil. C’est donner beaucoup de pouvoir à de simples militants face à une organisation politique bien rodée dans l’art de faire passer des vessies pour des lanternes.

Le mépris et la xénophobie n’ont pas leur place ni dans notre société, ni au Parti Socialiste. Pour lutter contre ces dérives, la République s’est dotée d’un arsenal législatif que je saisis immédiatement en ma qualité de citoyenne socialiste. Parallèlement, je demande aux socialistes toujours membres du Parti de saisir la commission nationale des conflits  pour demander l’exclusion de Pierre Sabatier comme cela a été fait pour Georges Frêche."


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Jeudi 21 février 2008

Georges Frêche, candidat socialiste de la « diversité ». Négrophobie : réprimée dans les stades, encouragée en politique ?

Par El Yamine Soum, Vincent Geisser
jeudi 21 février 2008

 

Alors que la Fédération française de football vient de demander des sanctions exemplaires à l’encontre d’un supporter raciste qui avait traité Abdeslam Ouaddou[1], l’international marocain de Valenciennes, de « négro » et de « sale nègre  », la Fédération socialiste de l’Hérault vient d’investir en grandes pompes Georges Frêche pour les prochaines élections sénatoriales. La direction nationale du PS préfère rester silencieuse. G. Frêche bien connu pour sa xénophobie, sa négrophobie, son islamophobie, son sexisme, son mépris à l’égard des enfants de Harkis[2], sans parler de son antisémitisme inversé (le fantasme de la « puissance juive »)[3], serait-il le nouvel espoir socialiste de la « Diversité » ? Tout pousse à le croire.

Une gauche en crise de repères : adieu Jaurès, revoilà Guy Mollet !

Au-delà du ridicule de la situation, c’est le symptôme d’une crise profonde de valeurs de la gauche française, en général, et du Parti socialiste, en particulier. Les socialistes vont remporter très probablement haut la main les prochaines élections municipales de mars. Mais la candidature Frêche sera à jamais une tâche honteuse sur l’héritage de Jaurès, comme le fut le vote des pleins pouvoirs au Maréchal Pétain par des députés de la SFIO[4] ou, plus près de nous, le soutien d’une partie des barons socialistes à la politique répressive de Guy Mollet en Algérie[5].

Certes, d’aucun nous rétorqueront que Georges Frêche n’appartient plus officiellement au PS depuis son exclusion en janvier 2007[6]. Or, il reste toujours le président d’une région à majorité socialiste (Languedoc-Roussillon) et d’une communauté d’agglomération dominée aussi par le PS (Montpellier Agglomération), garde le soutien de la Fédération socialiste de l’Hérault et apparaît toujours comme l’homme fort du parti sur le plan local.

En deux mots : Georges Frêche n’est plus officiellement membre du PS mais, en coulisses, il continue à tirer les ficelles, soutenu par la grande majorité des notables locaux du parti. Il figure d’ailleurs en 6ème position sur liste d’union de la gauche pour les prochaines municipales de Montpellier.

Il est vrai, que la fédération PS de l’Hérault est l’une des plus importantes de France (la 5ème ou 6ème en nombre de cartes d’adhérents) et la direction nationale du parti entend bien la ménager, à l’instar de l’attitude ambivalente de Ségolène Royal pendant la campagne présidentielle, qui a longtemps protégé le délinquant Frêche, malgré ses multiples récidives en matière de racisme, d’apologie des crimes coloniaux et de sexisme.

Comble de l’hypocrisie, le premier secrétaire du PS, François Hollande, s’est déchargé de l’investiture de Georges Frêche sur les militants locaux, en déclarant : « Frêche est exclu, mais c’est aux élus et aux militants locaux de désigner leur candidat pour les sénatoriales  »[7]. Manière pour le PS national de soutenir le négrophobe et le xénophobe Georges Frêche, sans avoir à en assumer la décision.

Cela tend à prouver que certains hommes et femmes politiques français pratiquent aisément une forme d’indignation sélective : s’ils sont prêts à s’émouvoir et à réagir médiatiquement à certaines expressions d’intolérance (cf. l’affaire de la venue en France d’Ayaan Hirsi Ali)[8], ils en méprisent d’autres royalement. Il est vrai que, dans la France de ce début de XXIe siècle, traiter un citoyen français de « nègre », de « bicot », de « bougnoule » ou encore d’« islamo-terroriste », ne pèse pas très lourd dans la balance républicaine.

Il est sans doute plus rentable en terme de communication politique d’aller sauver les « pauvres petits Noirs » du Darfour » des griffes des « méchants Arabes » de Khartoum ou les « nouvelles martyres musulmanes » de la pieuvre islamiste mondiale. Georges Frêche peut donc continuer à se livrer à ses actes de délinquance verbale, avec le silence complice des éléphants et des éléphanteaux socialistes.

Preuves à l’appui…

Georges Frêche, sélectionneur racial de l’équipe de France de football : vous avez dit « trop de joueurs noirs » ?

G. Frêche n’a pas seulement des ambitions politiques mais aussi sportives : devenir sélectionneur en titre de l’équipe de France. Son projet footballistique ? Blanchir au karcher l’équipe de France de football qu’il trouve trop « noire » à son goût et pas assez « gauloise », oubliant au passage que la totalité des joueurs de l’équipe de France sont des citoyens français et que la très grande majorité d’entre eux sont même « Français de naissance ». Il déclarait ainsi, en novembre 2006, au quotidien régional Le Midi Libre  :

« Dans cette équipe, il y a neuf blacks sur onze. La normalité serait qu’il y en ait trois ou quatre. Ce serait le reflet de la société. Mais là, s’il y en a autant, c’est parce que les blancs sont nuls […] J’ai honte pour ce pays. Bientôt, il y aura onze blacks. Quand je vois certaines équipes de foot, ça me fait de la peine ». (Le Midi Libre, 14 novembre 2006).

L’on aurait presque envie de consoler Georges Frêche, tout triste de constater impuissant que nos équipes de football sont envahies par les « Blacks », les « Noirs », les « Renois », les « Nègres », les « Négros »… Mais on peut aussi lui poser légitimement la question suivante : ne trouve-t-il l’Assemblée nationale et le Sénat trop « blancs », lieux de pouvoir dans lesquels les petits hommes blancs bedonnants et grisonnants représentent plus de 75 % des membres élus ? Apparemment, l’extrême blancheur et machisme des institutions françaises ne paraissent pas le gêner du moins du monde. Au contraire, pour le président socialiste de la Région Languedoc-Roussillon, cette « blancheur masculine » des institutions constitue la « normalité raciale » du pouvoir politique en France : CQFD.

Georges Frêche, démographe et sociologue de la diversité : des « Maghrébins » trop nombreux et inintégrables dans les villes françaises ?

Georges Frêche ne veut pas simplement réformer la composition démographique de l’équipe de France de football (trop noire !), il veut aussi s’attaquer à l’ensemble du pays (trop arabe !), car selon lui, la Gaulle romaine serait aujourd’hui menacée par les nouvelles hordes arabo-maghrébines incapables de s’intégrer à la société française :

« Le plus grand échec politique français des quatre dernières années est certainement l’incapacité de notre pays à intégrer convenablement les millions de citoyens nés sur notre sol, de parents d’origine étrangère. C’est à la fois un échec et la plus grande menace intérieure pour notre avenir ». (Georges Frêche, Les éléphants se trompent énormément, Paris, éditions Balland, 2003, p. 109).

Et pour ceux qui n’auraient pas bien compris qu’il vise explicitement les citoyens français issus de l’immigration postcoloniale (africaine et maghrébine) et non l’ensemble des enfants issus de l’immigration, Georges Frêche précise :

« Par exemple, cet élément nouveau, inconnu dans le passé : la communauté française d’origine maghrébine devient si nombreuse qu’une partie d’entre-elle ne souhaite plus s’intégrer, tout simplement ! Dans certains quartiers, ces fils de l’immigration ont même tendance à refouler les Français d’origine qui y vivent, pour délimiter ce qu’ils appellent leur territoire ». (Georges Frêche, « Osons changer les règles de l’immigration », entretien dans La Gazette de Montpellier, 2 mai 2003).

Leader politique, sélectionneur de football, Georges Frêche se veut aussi fin sociologue et démographe, expliquant la formation des « ghettos urbains » par la pulsion quasi génétique des « Maghrébins » de France à vivre entre eux. C’est bien connu, Fadéla Amara nous l’a aussi expliqué, les mâles arabo-berbères aiment la loi de la tribu :

« Dans certains quartiers, ces fils de l’immigration ont même tendance à refouler les Français d’origine qui y vivent, pour délimiter ce qu’ils appellent leur territoire. C’est donc un problème nouveau et très important que d’avoir à intégrer des personnes souvent de nationalité française qui ne souhaitent pas véritablement appartenir à la communauté nationale ». (Georges Frêche, Les éléphants se trompent énormément, Paris, Balland, 2003, p. 111-112.).

L’amour inné du ghetto : un argument qui était brandi à l’égard des Juifs d’Europe dans l’entre deux guerres et qui a justifié la politique raciale. C’est bien dans cette perspective de « gestion tribale » des territoires urbains que Georges Frêche entend traiter et maintenir les filles et les fils de Harkis, transformés malgré eux en « supplétifs à vie ».

Georges Frêche, officier aux affaires indigènes : les enfants de harkis, des supplétifs à vie ?

Dans sa fameuse déclaration du 11 février 2006 qui, depuis, a fait couler beaucoup d’encre, l’on a souvent retenu uniquement le terme de « sous-hommes », oubliant au passage le paternalisme condescendant du président socialiste de la région Languedoc-Roussillon, qui exigeait des enfants de harkis qu’ils ferment leur gueule (sic), parce qu’il (lui Georges Frêche) les avait nourris, logés et employés. En deux mots : les filles et les fils de Harkis n’ont pas le droit à la parole, car ils constituent des « assistés de la République », des « sous-hommes » qui doivent obéissance aveugle à leur maître nourricier :

« Vous êtes vraiment d’une incurie incroyable. Vous ne connaissez pas l’histoire. Moi qui vous ai donné votre boulot de pompier, gardez-le et fermez votre gueule ! Je vous ai trouvé un toit et je suis bien remercié. Arrêtez-vous ! Arrêtez-vous ! Allez avec les gaullistes ! Allez avec les gaullistes à Palavas. Vous y serez très bien ! Ils ont massacré les vôtres en Algérie et vous allez leur lécher les bottes ! Mais vous n’avez rien du tout ! Vous êtes des sous-hommes ! Rien du tout ! Il faut que quelqu’un vous le dise ! Vous êtes sans honneur. Vous n’êtes pas capables de défendre les vôtres ! Voilà, voilà...Allez, dégagez ! ». (Déclaration de Georges Frêche le samedi 11 février 2006 à Montpellier lors de la cérémonie en l’hommage de Jacques Roseau).

Cette haine viscérale de Georges Frêche à l’égard des filles et des fils de France (ou du moins, d’une partie d’entre eux), s’explique d’autant plus que le leader socialiste du Sud la rattache à une matrice religieuse : l’islam. Attendons-nous un jour à ce que Georges Frêche déclare, qu’il y a trop de joueurs musulmans dans l’équipe de France de football et que dans les vestiaires du Stade de France se cachent, en réalité, des « mosquées clandestines » : ça ne saurait tarder !

Georges Frêche, islamologue généticien : les musulmans porteurs du gène du terrorisme ?

Dans une lettre-réponse à l’association des Etudiants musulmans de France (EMF-section de Montpellier) qui, comme son nom l’indique, est animée majoritairement par des étudiants français de culture musulmane, Georges Frêche écrivait ainsi : « Vous connaissez le vieux proverbe paysan qui résume la sagesse universelle : ‘dans un pays il faut suivre la mode ou quitter le pays’ »[9]. De même, lors de la campagne pour les élections législatives de 2002, le leader socialiste déclarait : « Ils [les musulmans] ne vont pas vouloir maintenant nous imposer leur religion ! Ceux qui ne veulent pas respecter nos valeurs, qu’ils rentrent chez eux !  ». Par ailleurs, il avait traité certains jeunes responsables musulmans locaux de « disciples d’Al Qaïda », sous prétexte qu’ils critiquaient sa politique anti-laïque de gestion de l’islam montpelliérain. En somme, selon le professeur Frêche, les citoyens français de culture musulmane doivent se taire ou faire leurs valises. Sa gestion autoritaire de l’islam sur le plan local (contrôle direct des lieux de culte) n’est pas en soi séparable de sa conception révisionniste de l’histoire coloniale : les populations d’origine maghrébine et africaine, issus des anciennes colonies françaises, sont perçues comme inintégrables, sinon difficilement intégrables, parce que « musulmanes » comme si se rejouaient sans cesse les débats contradictoires sur la compatibilité entre la « citoyenneté française » et le « statut personnel ».

Désir d’avenir ou désespérance du futur ?

Certes, on pourrait se consoler en se disant que Georges Frêche est un « cas isolé », une espèce socialiste en voie de disparition, laissant la place à une nouvelle génération d’éléphanteaux ou de lionceaux, plus « ouverte » et surtout plus « humaniste ». Mais les dernières échéances électorales (législatives et présidentielles 2007) et la campagne actuelle pour les Municipales tendent à prouver que les « petits Frêche locaux » sont légion dans le Nord, le Centre et le Sud de la France : l’engouement médiatique pour la « diversité » ne doit pas masquer les nombreuses résistances à voir émerger une « nouvelle génération politique » de femmes et d’hommes qui veulent faire la politique autrement. L’exotisme des listes de candidats (une Fatima par-là, un Karim par-ci, un Mamadou en 45ème position !) ne doit pas faire oublier la gestion profondément raciale et sexiste des modes de sélection et de cooptation politiques, comme le soulignait très justement les animateurs du club « Prairial 21 » qui ont été quasiment les seuls, dès le départ, à réclamer l’exclusion de Georges Frêche :

« La bataille politique se pose aujourd’hui à ce niveau et le combat doit être mené. Désormais, il ne doit plus être possible de cautionner l’hypocrisie pour préserver des bontés particulières sous couvert de l’intérêt général du Parti. Trop de bassesses, trop d’indignités, trop de vilenies ont accompagnées les candidats ‘issus de la diversité’ tout au long de la campagne interne. La primauté faite aux intérêts personnels et claniques, au-delà de tout sens politique, ne peut être avalisée. […] Les citoyens de France exigent de nous un souffle d’air frais pour revigorer notre démocratie et cette exigence nous impose de réussir l’émergence d’une nouvelle génération de cadres politiques à l’image de la société française du 21ème siècle. […] Et que dire de notre incapacité à acter que la société française n’est ni figée, ni réduite à sa simple expression gauloise ? » (Chafia Mentalecheta, « Le hold-up des Bidochons », 22 juin 2006 : http://www.chafia.net/article-3081367.html.).

Ne nous y trompons pas : les enfants légitimes de Jaurès, ce sont bien eux et non des Georges Frêche ou des Michel Charasse : les Chafia Mentalecheta, Akli Mellouli, Fayçal Douhane, Bariza Khiari, Janine Maurice-Bellay, James Balogog[10], Didier Hacquart[11] ou encore Jean-Luc Mélanchon[12], qui ont compris que l’investiture de Georges Frêche ne constituait pas simplement un « incident de parcours », une « initiative isolée », une « simple concession électorale » faite à une fédération socialiste du Sud majoritairement raciste mais une question d’avenir pour la gauche et au-delà pour l’ensemble du système politique français dans sa relation aux citoyens et aux électeurs de ce pays.

Morale de l’histoire : dire « sale nègre » est passible d’une condamnation pénale dans les stades de football mais pas encore dans l’arène politique, où les xénophobes et négrophobes en tout genre peuvent continuer à agir tranquillement.

Une belle leçon de diversité à la française, n’est-ce pas ?

 

* Vincent Geisser et El Yamine Soum sont les auteurs de l’ouvrage Diversité ou Diversion ? Une enquête inédite sur les discriminations dans les partis politiques français, Paris, éditions de L’Atelier, à paraître avril 2008.

[1] « Affaire Ouaddou - La FFF s’associe à la plainte déposée par la LFP », www.tsr.ch, 18 février 2008.

[2] Vincent GEISSER, « Georges Frêche, un ‘sous-élu’ récidiviste de la haine verbale  », oumma.com, 20 février 2006 : http://oumma.com/Georges-Freche-un-sous-elu,1930.

[3] Alain GRESH, « Georges Frêche, Israël, les Juifs et l’antisémitisme », Le Monde diplomatique, juillet 2007.

[4] 170 parlementaires socialistes de la SFIO avaient voté les pleins pouvoirs au Maréchal Pétain, le 10 juillet 1940 contre 36 à peine qui voteront « contre ».

[5] Le 12 mars 1956, la quasi-totalité des députés socialistes votent des « pouvoirs spéciaux », au gouvernement Guy Mollet, vote qui donnera carte blanche à l’Armée française pour arrêter arbitrairement, « interroger » et torturer les résistants algériens.

[6] Communique de Presse de la Commission Nationale des Conflits du Parti socialiste du 27 janvier 2007 : http://presse.parti-socialiste.fr/2007/01/27/exclusion-definitive-de-georges-freche.

[7] Propos de François Hollande rapportés par le journal L’Humanité : http://www.humanite.fr/2008-02-18_Tribune-libre_ils-ont-ose-le-dire.

[8] Annick Cojean, « Ayaan Hirsi Ali en quête d’une protection et d’une nationalité », Le Monde, 11 février 2008.

[9] Georges FRECHE, Lettre adressée à EMF (section de Montpellier), datée du 25 avril 2002.

[10] Ces militants socialistes sont membres du Club « Prairial 21 ». Pour lire les documents et les analyses pertinentes de ce club : www.chafia.net

[11] Didier HACQUART est adjoint au Maire de Vitrolles, initiateur d’une pétition pour l’exclusion définitive de Georges Frêche : http://didier-hacquart.over-blog.com/article-4693818.html

[12] Jean-Luc MELANCHON est l’un des rares leaders nationaux à se battre contre l’hypocrie des barons socialistes sur l’affaire Frêche, « Les complices de Frêche à la tête de la Fédération socialiste de l’Hérault se vengent de son exclusion », 28 janvier 2008 : http://www.jean-luc-melenchon.fr/ ?p=373.


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Samedi 15 décembre 2007

Il parait que le ridicule ne tue pas! Quelle chance pour le Parti Socialiste, l'agonie, c'est toujours mieux que la mort!

Quelle tristesse!

Occupée à sauver le prochain congrès, la direction nationale du Parti Socialiste s'emploie à ne facher personne. Enfin quand je dis personne, je pense aux éléphants et à leurs troupes de barons locaux. Les militants de base, toutes couleurs confondues devront encore attendre un peu avant de voir la rénovation en marche.

Bien évidemment, la représentation de la société française du 21ème siècle est la première sacrifiée sur l'autel de l'immobilisme. Aïd El Kebir oblige, faut bien égorger les moutons. Le seul problème, c'est que les moutons sont devenus récalcitrants.

Bien heureuse d'avoir quitter ce parti d'hypocrites et de donneurs de leçons. Je viens de faire un petit tour de France ces derniers temps, croyez moi ces socialistes n'ont plus leur place dans la société du XXIème siècle. Trop vieux , trop conservateurs. J'étais au grand carnaval de La Villette c'est à dire à la convention nationale de ratification des listes. Franchement, je me demande comment les militants arrivent encore à croire à ce qu'on leur raconte. Enfin, j'y ai bien cru moi aussi et pendant des années. Viendra le jour où plus personne ne leur fera confiance, en attendant voici une petite revue de presse.

Diversité, diversion, diversité, diversion, diversité, diversité, diversion

Et les pages de Témoignage Chrétien (laicité oblige), bien évidemment celle de Clermont .

Si vous n'avez pas assez eu de lecture, je vous invite à lire le dernier communiqué de presse de Prairial 21 que je viens d'adresser à la presse du Nord Pas de Calais, car figurez -vous que malgré le vote des militants de section et le vote à l'unanimité de la convention nationale, le Premier Fédéral Serge Janquin continue à soutenir Antoine de Rocquigny contre Bagdad Ghezal, elle est pas belle la démocratie socialiste!!!

Par Chafia MENTALECHETA
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Vendredi 19 octobre 2007

 

 

 

Un sport local est en train de se développer à une allure qui me parait extrêmement dangereuse pour la cohésion des citoyens de Clermont-Ferrand et du Puy de Dôme.

A chaque fois qu’un militant socialiste « issu de la diversité » est candidat à la désignation sur un secteur gagnable, reviennent au galop des propos indignes de la société française du XXIème siècle.

Dans une organisation démocratique digne de ce nom, seuls les arguments politiques devraient faire l’objet de débat contradictoire. Mais quel argument politique peut-on opposer à une couleur de peau ou à une origine culturelle ? Bien sur aucun. Alors restent la stigmatisation et l’anathème, symboles de l’intolérance ; le paternalisme et l’infantilisation symboles de la domination.

« Les candidatures de la section Nord ne sont pas raisonnables, nous avions l’habitude de donner des maisons à la Plaine ou de donner du travail à ces gens là et voilà qu’ils veulent être comtes à la place du comte… » Paroles prononcées par un conseiller municipal socialiste  à la fédération socialiste lors d’une réunion du bureau fédéral (instance politique de la fédération) ( La Montagne du 15/10/2007). Vous le constatez comme moi, faute d’argument politique, aux quatre candidatures issues de la diversité sont opposés, stigmatisation, anathème, paternalisme et infantilisation. Car, je ne peux pas imaginer une seconde que le comte en place puisse être quelqu’un d’autre que le conseiller général sortant.

Chacun d’entre-nous peut faire des erreurs et dire des bêtises mais il appartient à ceux qui nous entendent de nous ramener à la raison. Ce n’est à priori pas le genre de la maison socialiste qui se fend de grandes explications. « Les propos sont sortis de leur contexte ».

Ah oui lequel ça m’intéresse. « Mon père est né à Oran ». Le mien est né et mort à Blida, je peux donc adhérer au Front National, il parait que  je suis immunisée contre le racisme. « On veut déstabiliser le parti de l’extérieur ». Bouh ! Les vilains empêcheurs de tourner en rond entre vous. Je vous garde le meilleur pour la fin « la maladresse ». Alors là c’est la cerise sur le gâteau ou sur la corne de gazelle selon l’origine.

Comme s’il suffisait d’évoquer la maladresse pour effacer d’un coup de baguette magique des pensées peu fraternelles et encore moins socialistes.

Moi, je veux que l’on m’explique la différence entre la maladresse et les propos injurieux.. Représentante du Parlement Européen à l’observatoire européen des phénomènes racistes et xénophobes, j’ai participé pendant des heures à des réunions où l’on définissait de manière très précise ce genre de propos. Membre à part entière de « ces gens là », je veux que la justice de mon pays m’éclaire.

Pour cela, j’irai dès demain matin déposer plainte, parallèlement, je demanderai officiellement à la Haute Autorité de Lutte contre les Discriminations, si oui ou non ces propos sont discriminatoires. Il faudra également que la direction nationale du Parti Socialiste justifie son troublant silence.

Je n’ai pas souhaité m’exprimer avant les désignations pour ne pas accréditer la thèse de la déstabilisation. Maintenant que la messe est dite, chacun doit prendre ses responsabilités. Et puisque la politique locale se réduit à la couleur de peau, je serai aussi royaliste que les rois et je soutiendrai Samir El Bakkali s’il est investi par l’UMP.  

Que chacun d’entre-nous mette un peu de l’autre dans son regard et le « vivre ensemble » deviendra enfin réalité.

Par Chafia MENTALECHETA
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Vendredi 5 octobre 2007

Et oui, je ne résiste pas à la tentation de pointer ce qui est en train de se passer dans mon ex section du parti socialiste: la section de Clermont Nord. J'avoue que je le fais avec une petite pointe de fierté dans le sens où je crois que l'air du temps est en train de changer et que le travail accompli pendant toutes ces années est en train de petitement porter ses fruits. 

Comme vous le savez, lors d'un vote interne dans les sections,  vont être prochainement désignés les candidats des socialistes aux élections cantonales de 2008. Habituellement, les candidats à la candidature se présentaient seuls mais depuis que la Droite a constaté le viellissement de ses troupes et la perte régulière de siège lors de cantonales partielles, une nouvelle disposition du code électoral impose une candidature en ticket ou duo homme femme (parité oblige). Le remplaçant permettant de ne pas perdre de siège en cas de décés du titulaire.

Mais revenons à ce qui se passe dans la section Nord. Nous sommes réellement devant un cas d'école pour plusieurs raisons.

En premier lieu, le nombre de candidats est assez impressionnant : 5 titulaires et d'après mes dernières informations qui peuvent être infirmées en dernière minute 4 remplaçants.

Si on enlève le conseiller général sortant candidat à sa succession pour un troisième mandat et sa remplaçante, il reste donc au moins 7 personnes qui considèrent pouvoir faire autrement que lui voire mieux du mandat de conseiller général. Je trouve cela très raisonnable et très démocratique.

Prenons les choses sur la base des principes de refondation, reconstruction, rénovation décrits dans mon article précédent et comparons :

1- le non cumul des mandats, le renouvellement des cadres politiques.

A eux deux, le conseiller général sortant et sa remplaçante cumulent actuellement 3 mandats : conseiller général, conseiller municipal et conseillère municipale déléguée, soit  33 ans de mandats dans le temps depuis 1995.

A eux sept, les candidats titulaires et remplaçants cumulent actuellement zéro (0) mandat et zéro année de mandat dans le temps depuis leur naissance.

2- La représentation de la diversité de la société

A eux deux, le conseiller général sortant et sa remplaçante constitue un duo que l'on peut qualifier d'ethniquement pur. Deux français de souche respectables et légitimes.

A eux sept, les candidats titulaires et remplaçants tout aussi respectables et légitimes représentent la société française dans toute sa diversité, ses cultures, ses origines. En bref la société française du 21ème siècle.

3- L'égalité de traitement

A eux deux, le conseiller général sortant et sa remplaçante affichent sereinement le soutien de l'ensemble de la nomenklatura socialiste locale.

A eux sept, les candidats titulaires et remplaçantes n'affichent officiellement aucun soutien notoire à part le mien mais je ne crois pas qu'ils y trouveront un grand réconfort...

Mais qui sont donc tous ces candidats?

Alexandre Pourchon est le conseiller général sortant , Valérie BERNARD sa remplaçante.

Guy Kpamegan, militant de la première heure sur le canton EST de Clermont -Ferrand. A priori n'aurait pas encore de remplaçante à l'heure où j'écris ce texte mais cela ne saurait tarder.

Zohra El Afghani et Jezzar Youssef, militants de la section Nord.

Louizi Mehdi et Corinne Charbonnier, militants de la section Nord.

Karim Srikah et Ibtissam Jeridi, militants de la section Nord. Rappellons que Karim est mon successeur au secrétariat de section.

Comme vous, face à cette liste de candidats, je me pose un certain nombre de questions mais quand même, la première qui me vient à l'esprit est celle-ci :

Pourquoi le conseiller général sortant n'a pas pris une remplaçante issue de la diversité? Compte tenu de la diversité électorale, cela me semblait être une opportunité de choix. Je vois deux réponses possibles à ma question. Soit cela ne lui a pas traversé l'esprit, soit personne issue de la diversité n'a accepté de partir avec lui sur ce ticket.

Pourquoi Guy Kpamegan est-il candidat sur le canton Nord. Bien entendu, il en a le droit selon le code électoral mais également en tant que personne. Cependant, il milite depuis des années sur les cantons EST et SUD. Il ne peut pas être candidat à EST car le canton est gelé pour une femme (Mireille LACOMBE) mais à SUD, le canton est ouvert à toutes les candidatures et le conseiller général Serge LESBRE est aussi socialiste. Alors pourquoi NORD?

Pourquoi, les six autres candidatures issues de la section Nord? N''y avait-il pas moyen de s'entendre sur les principes à définir pour se rassembler autour d'un duo représentatif du collectif? D'autant que finalement ces six candidatures sont les plus naturelles compte tenu du contexte. Seules ces six personnes habitent et vivent au quotidien sur le canton. Elles connaissent bien les enjeux de ces quartiers et les besoins des habitants. Elles sont en capacité d'apporter une analyse fine des situations qu'elles rencontrent sur le terrain. En permanence auprès des personnes les plus en difficulté, elles essayent de développer un véritable réseau de solidarité par l'intermédiaire des associations de quartier. Elles représentent l'avenir du parti socialiste dans ce qu'il y a de plus réformateur, rénovateur et refondateur.  

Mais tout cela sera t-il suffisant pour que les socialistes leur accordent confiance et mandat?

Affaire à suivre...

 

 

Par Chafia MENTALECHETA
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